Alors ces groupes ?

Analyses et pronostics sur les groupes de la Coupe du Monde 2014

Si « Get Lucky » est le tube de l’année, c’est bien ce son que doit écouter Didier Deschamps en boucle depuis hier soir. Chanceux comme pas possible avec ce groupe largement à leur portée, les Bleus devraient faire plus que 3 matchs au Brésil, normalement. Pour le reste c’est beau, c’est coloré, ça promet de beaux matchs et ça nous réservera inévitablement quelques surprises. 

 

Groupe A : Brésil, Croatie, Mexique, Cameroun

Brésil

Si le Brésil continue sur sa lancée actuelle (6 victoires consécutives, 20 buts inscrits), les coéquipiers de Neymar ne devraient pas rencontrer trop de difficultés pour se sortir de leur groupe. En tirant la Croatie, le Mexique et le Cameroun, la Seleçao est tombée dans une poule plus relevée que celle des Français mais largement à sa portée. Les Brésiliens devront quand même gérer la pression de leur peuple dont les attentes pourraient peser sur les performances de l’équipe.

Si la première place de ce groupe ne fait guère débat, la deuxième en revanche risque d’être l’objet d’une belle bataille entre trois équipes qui se sont qualifiées lors des barrages. La Croatie de Mandzukic (16e au classement Fifa) part avec une longueur d’avance, mais le Mexique de Chicharito et le Cameroun d’Eto’o ont déjà montré lors des éditions précédentes qu’ils pouvaient accrocher les huitièmes de finale. Toutefois, ces deux formations ne sont pas actuellement à leur meilleur niveau. La sélection mexicaine a connu trois entraîneurs en moins d’un an et les Lions indomptables n’ont pas participé aux deux dernières Coupes d’Afrique.

Qualifiés : Brésil, Croatie

 

 

Groupe B : Espagne, Pays-Bas, Chili, Australie

Espagne

A première vue l’ordre de tirage a déjà des allures de classement final dans cette poule. La Roja championne du monde en titre, et candidate plus que sérieuse à sa propre succession, ne devrait pas avoir trop de difficultés à se sortir de ce groupe. Même si les espagnols n’ont pas encore trouvé d’attaquant de pointe indiscutable, Del Bosque n’est pas à plaindre. Avec des types comme Negredo, Llorente, Soldado, Villa ou encore Torres il y a de quoi faire. Surtout qu’un certain Diego Costa vient de choisir l’Espagne plutôt que le Brésil, et ajoute donc son nom à la longue liste des attaquants ibériques qui postulent pour cette place de 9. Si le sélectionneur espagnol a des problèmes de riches devant, ce sera le même problème à la cage avec un choix difficile à faire entre Casillas et Diego Lopez.

En face, les Oranje disposent eux aussi d’un arsenal offensif qui fait envie. Avec entre autres Robben et Van Persie, les Pays-Bas peuvent faire plier n’importe quelle défense. Dans ce groupe B, ils n’ont apparemment aucune raison de s’inquiéter pour finir derrière l’Espagne. Aucune ? Pas si sûr ! Parce que prendre le Chili dans le chapeau 2 n’était pas la meilleure affaire. Alexis Sanchez, Arturo Vidal et leurs coéquipiers seront à coup sûr une des belles surprises de ce premier tour grâce à leurs qualités offensives et leur jeu rapide. Même si sur le papier il n’y a pas photo entre ces deux sélections, le Pays-Bas/Chili qui clora la phase de poule devrait valoir le détour surtout si chacun joue sa qualification sur ce dernier match.

Enfin, l’Australie semble partie pour passer un sale Mondial vu le menu qui lui est proposé. Quand on sait qu’ils sont capables de prendre 6-0 contre la France, ça ne laisse rien de présager de bon. Enfin eux au moins ils y sont c’est déjà ça !

Qualifiés : Espagne, Pays-Bas

 

 

Groupe C : Colombie, Grèce, Côte d’Ivoire, Japon

Colombie

Dans ce groupe aucune équipe ne se dégage vraiment. Certes la Colombie de Falcao était tête de série, mais la Côte d’Ivoire de Drogba et le Japon de Keisuke Honda ne semblent pas avoir grand-chose à lui envier. Ces trois sélections devraient finir dans un mouchoir de poche, et bien malin est celui qui saura dire quel pays terminera en tête de cette poule. Pour la 1ère fois la Côte d’Ivoire aura son mot à dire puisque les Eléphants ont enfin réussi à éviter le groupe de la mort. Les Nippons seront également un client très sérieux qui pourrait d’ailleurs même aller plus loin que les huitièmes en cas de qualification. Et la Colombie, comme toute sélection sud-américaine qui se respecte, est capable de tout du meilleur comme du pire. A partir de ce constat, ce groupe C semble être le plus ouvert de cette coupe du monde. Même la Grèce emmenée par Mitroglou semble armée pour faire quelque chose et se qualifier en huitièmes. C’est d’ailleurs peut-être elle qui a la meilleure position pour tirer son épingle du jeu tant ses trois concurrents attirent la lumière.

Pour sûr, les équipes du groupe D surveilleront d’un œil inquiet les deux pays qui s’extirperont de cette poule piégeuse de laquelle sortir serait déjà synonyme de belle performance. En tout cas, ces quatre nations devraient jouer le coup à fond et proposer de belles confrontations. Chaque point vaudra très cher dans ce groupe…

Qualifiés : Colombie, Côte d’Ivoire

 

 

Groupe D : Uruguay, Costa-Rica, Angleterre, Italie

Uruguay

En étant reversée dans le pot 2, l’Italie n’a pas était vernie et pouvait s’attendre à un tirage de ce tonneau. Et les Italiens ont été servis. Outre le Costa Rica qui devrait être une formalité pour la Squadra Azzura (et les autres aussi d’ailleurs), les coéquipiers de Balotelli vont devoir batailler ferme pour sortir de ce groupe. Leur 1er match contre l’Angleterre sera déjà décisif pour la course à la qualification, et conditionnera fortement la suite du Mondial de ces deux équipes. Une défaite en ouverture serait déjà presque synonyme de retour à la maison dès le 1er tour ce que ne peuvent se permettre ni Anglais, ni Italiens.

C’est pourtant ce qui pourrait bien arriver car l’Uruguay va être difficile à jouer, et compte dans ses rangs deux buteurs de classe mondiale avec Suarez et Cavani. Et face à des défenses peu ou pas réputées pour leur vitesse légendaire, ces deux là risquent de faire des dégâts. Surtout que la Céleste peut aussi compter sur une rigueur défensive à toute épreuve ou presque, ce qui n’est pas le cas notamment des Anglais.

Le match de clôture entre l’Italie et l’Uruguay devrait être l’occasion de voir la vraie valeur de ces deux nations. Sortir de ce groupe, qui semble être l’un des plus difficiles, donnera aux heureux qualifiés un maximum de confiance pour la suite, et leurs adversaires devront s’en méfier. Pour sûr dans un groupe où il y aura Balotelli, Rooney, Cavani et Suarez c’est surtout les gardiens qui ont du souci à se faire. Pauvre Costa Rica.

Qualifiés : Uruguay, Angleterre

 

 

Groupe E : Suisse, Equateur, France, Honduras

Equipe de France

Les Bleus ne pouvaient pas espérer mieux. En affrontant la Suisse, l’Equateur et le Honduras, l’équipe de France est tombée dans le groupe le plus ouvert de cette phase de poules. Didier Deschamps aura beau calmer les ardeurs en rappelant que rien n’est acquis pour les siens, il sait pertinemment que la France part favorite avec les Helvètes en vue de la qualification pour les huitièmes de finale de la compétition.

Pour leur premier match, les coéquipiers de Franck Ribéry affronteront le Honduras, le dimanche 15 juin, au stade de Porto Alegre (49 000 places). Une formation que la France n’a encore jamais rencontrée, même en match amical. Le Honduras, pays peuplé d’environ 8 millions d’habitants, occupe aujourd’hui la 41ème place du classement Fifa. Situé en Amérique Centrale, il a obtenu directement sa qualification pour cette Coupe du Monde en finissant troisième des éliminatoires de la zone Concacaf. Les hommes de Luis Fernando Suarez ont réalisé quelques belles performances en s’imposant notamment contre les USA et le Mexique. Il y a un mois, ils ont décroché le nul (2-2) contre l’Equateur qu’ils retrouveront lors de ce premier tour de la Coupe du Monde. Proches du jeu sud-américain, les Honduriens proposeront à coup sûr un match rude et engagé aux Bleus. Le genre de rencontre dont les Européens ne raffolent pas mais qu’il faudra impérativement gagner, si la France veut aller plus loin dans la compétition.

Lors du second match, l’équipe de France affrontera la Suisse à Salvador de Bahia (52 000 places). La formation helvète, tête de série la moins bien classée au classement Fifa lors de ce tirage (8ème), a terminé première de son groupe lors des éliminatoires devant l’Islande, la Slovénie et la Norvège. Emmenée par un sélectionneur expérimenté, l’allemand Ottmar Hitzfeld, (7 championnats allemands, 2 Ligues des Champions), la Suisse possède une génération prometteuse avec des joueurs comme Shaqiri, Inler ou Behrami en quête d’un parcours de référence sur la scène internationale. De leur côté, les Bleus ont déjà affronté à 36 reprises cette formation, avec 15 victoires à la clé (contre 12). Le dernier match entre les deux pays remonte à la Coupe du Monde 2006. Ce jour-là, les équipes s’étaient séparées sur un 0-0 peu mémorable…

Enfin, l’ultime rencontre des Français dans ce groupe se déroulera le 25 juin contre l’Equateur dans le stade mythique de Maracana (74 000 places).  Les Bleus affronteront une équipe qui a terminé quatrième des éliminatoires de la zone sud-américaine derrière l’Argentine, la Colombie et le Chili. La formation de Reynaldo Rueda, classée 23ème au classement Fifa, a conquis sa place au Brésil en remportant six de ses sept matches à domicile. Son joueur star, le Mancunien Luis Antonio Valencia, aura à cœur d’emmener les siens vers les huitièmes de finale, la meilleur performance de son équipe lors de ses trois participations à la compétition. Côté confrontation, la France a rencontré une seule fois l’Equateur. C’était lors de la préparation à l’Euro 2008, et les Bleus s’étaient imposés 2-0 à Grenoble grâce à un doublé de Bafétimbi Gomis.

Qualifiés : France, Suisse.

 

Groupe F : Argentine, Nigéria, Iran, Bosnie

Argentine

Si l’Iran fait chier tout le monde avec son programme nucléaire opaque, au moins dans ce groupe on est sûrs d’une chose c’est pas leur force de frappe qui devrait gêner les trois autres larrons. Avec Ashkan Dejagah (Fulham) comme seule star les Perses seront de très bons sparring partners. La Fifa qui offre deux semaines de vacances au Brésil à l’œil à 23 Iraniens, prends ça le Juste Prix et petite bise à Obama.

Retour aux choses sérieuses du ballon rond, dans ce groupe l’Argentine fait bien évidemment office de grand favori. Les potes de Messi, qui se repose bien cette saison, sont à quelques kilomètres de leurs bases sortiront facilement de leur groupe à 99%. Derrière le Nigéria et la Bosnie se bagarreront pour le deuxième ticket. Pour leur première participation au Mondial, les joueurs de Susic n’ont pas à rougir avec un effectif qui compte quelques pépites comme Begovic, Pjanic ou Dzeko. Malgré tout le Nigéria semble mieux armé et plus expérimenté pour s’extraire de la poule. Si Enyeama continue à ériger un mur sur sa ligne, les Super Eagles n’auront qu’à se préoccuper de marquer des buts et ça les derniers vainqueurs de la CAN savent le faire. Musa, Oduamadi, Ideye et surtout Emenike s’en chargeront. Pour la petite histoire l’Argentine et le Nigéria ont déjà croisé le fer en 1994, 2002 et en 2010 où Eneyeama, déjà lui, avait sorti une prestation XXL avant de s’incliner finalement sur un but de Gaby Heinze.

Qualifiés : Argentine, Nigéria.

 

 

Groupe G : Allemagne, Ghana, USA, Portugal

Allemagne

Si tout le monde parle avec envie du groupe D, ce groupe G est pas mal non plus. Le 21 juin on fêtera la musique en France, mais cette date marquera les retrouvailles entre le Ghana de Boateng et l’Allemagne de Boateng. Les deux frères s’étaient déjà affrontés en phase de poules 4 ans plus tôt en Afrique du Sud pour une victoire allemande. Personne, ou presque, n’en doute les germaniques sortiront en tête de leur groupe, c’est une science exacte ils ne s’arrêtent jamais avant les quarts de finale. Pour les africains ça s’annonce un peu plus compliqué. Il faudra batailler fort avec les USA qui se présentent comme un collectif difficile à bouger et il va falloir aussi se coltiner les frappes et les accélérations d’un certain Cristiano Ronaldo. Justement, si ce dernier cité continue de marcher sur l’eau, il marchera sur le Brésil et pour leur retour sur la Terre Mère conquise en 1500, les portugais également emmenés par Moutinho ou Pepe ne peuvent pas se permettre de sortir après trois matchs. Enfin un petit mot sur les Etats-Unis qui semblent inoffensifs car assez méconnus mais dont il faudra se méfier. Loin des LeBron James, Kévin Durant ou James Harden les Yanks de Klinsmann nous offriront une surprise c’est écrit. Méfiez vous de Jozy Altidore (Sunderland) qui a 24 ans compte déjà 64 sélections pour 21 buts. Vous ne pourrez pas dire qu’on vous aura pas prévenus.

Qualifiés : Allemagne, Portugal.

 

 

Groupe H : Belgique, Algérie, Corée du Sud, Russie

Belgique

La Belgique c’est l’équipe que tout le monde attend. Présentés comme des outsiders sérieux les Diables Rouges doivent garder la tête froide et ne pas céder à la pression pour ne pas connaître le même destin que la Colombie de 1994. Avec Marc Wilmots comme commandant d’un navire jeune et fougueux, les hommes du plat pays devront éviter trois équipes de pirates s’ils veulent confirmer les espoirs placés en eux. Le concurrent le plus sérieux des belges ce sont les russes. Loin de proposer un football éblouissant les hommes de Capello forment un véritable bloc. Le noyau dur de cette sélection évolue dans le championnat local, principalement au Zénit, au CSKA Moscou et au Dynamo Moscou. Il faudra surveiller de très près Roman Shirokov que l’on surnomme Guardiola pour son jeu cérébral. Pour la Corée du Sud on plonge un peu dans l’inconnu, on pourrait se contenter de dire des Lee, des Park et des Kim mais ce serait négliger l’une des meilleures nations asiatiques. Une défense bien organisée, un pressing intense et des courses à faire pâlir le lapin rose de Duracell voilà le style des coréens. Même s’ils ont failli se faire sortir avant le Mondial par l’Ouzbekistan, les Tigres visent sans concession les huitièmes au minimum.

Enfin l’Algérie qui espérons pour elle aura appris de ses erreurs en 2010 se présente avec un joli costume d’épouvantail dans ce groupe. Capable du pire comme du meilleur les ouailles de coach Vahid sont un savant mélange entre jeunes fennecs et vieux loups. Les Feghouli, Taider, Brahimi, Belfodil ou Ghoulam jouent sous le maillot vert mais pourraient également évoluer avec le maillot frappé du Coq. Encadrés par Bougherra, Yebda ou Kadir  et élevés dans les centres de formation français leur technique et leur rigueur tactique pourraient bien faire la différence. L’Algérie seul représentant du Magrheb comptera encore une fois sur le soutien de tout un peuple pour sortir de ce groupe.

Qualifiés : Belgique, Algérie.

 

 

Nicolas Durdilly, Nourredine Regaieg, Elias Toumi

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