Arsène n’a plus rien à se figurer sur TF1

Le départ d'Arsène Wenger de TF1 marque une nouvelle époque pour TF1

Le mois de septembre était placé sous le signe de la rentrée pour l’équipe de France et donc pour la fameuse dream team foot de TF1 chargée de commenter les matchs des Bleus. Sauf que cette fois-ci Lizarazu s’est retrouvé tout seul au mic’ avec Christian Jeanpierre, puisqu’Arsène Wenger a mis les voiles. Son absence à l’antenne est certainement passée inaperçue tant ses interventions se montraient rares et succinctes mais l’Alsacien sur la Une c’est définitivement terminé. La fin d’une époque et le début d’une autre qui montre que TF1 veut toucher le fond en expertise footballistique.

Wenger parlait peu, mais Wenger parlait bien

Arsène Wenger raillé sur Twitter

CJP : « Ooooh le ceeeeeeeentre ! »
Arsène : « J’ai l’impression Christian que vous y croyez plus que les joueurs eux-même… »
CJP : « Vous voulez que je rentre sur le terrain Arsène ?! »
Arsène : « Non c’est bon. N’aggravez-pas le problème. »

Cet échange datant de juin 2012 résume parfaitement l’état d’esprit d’Arsène Wenger, le désormais tout frais ex-consultant de TF1: peu de mots mais toujours les mots justes. Car oui, depuis son arrivée en 2004 dans les locaux de la Tour TF1 de Boulogne-Billancourt le coach d’Arsenal s’est forgé une réputation d’homme taiseux et discret. Que ce soit aux côtés du regretté Thierry Gilardi, du ravi de la crèche Christian Jeanpierre, de Jean-Michel Larqué ou de Bixente Lizarazu, Arsène n’a jamais tchatché comme un latin. Souvent raillé spécialement par une partie du web sur son inactivité certaine durant les matchs où ses interventions au micro se comptent sur les doigts d’une seule main, Arsène Wenger était pourtant la vraie caution crédible de l’équipe TF1. Au fond son rôle n’est pas de faire le spectacle à l’antenne mais d’apporter aux matchs du sens et surtout une vision technico-tactique expérimentée et intelligente d’un coach d’une top équipe européenne depuis maintenant plus de 15 ans. Inutile de se mentir, le public qui regarde du foot sur TF1 est en majorité peu averti et assez inattentif au cours des matchs. Par conséquent les rares sorties de Wenger sont soit pas entendues, soit jugées ennuyeuses, soit tout simplement pas comprises par le téléspectateur lambda. Et c’est dans ce sens que le départ de l’Alsacien n’a pas soulevé de vagues de contestations, il s’est même fait dans l’indifférence générale. Si du côté de la chaîne on parle d’un commun accord, le Parisien de son côté a évoqué « que Wenger était surpris par l’annonce » et Charles Villeneuve a même pointé du doigt la stratégie désormais assumée de TF1 de ne plus investir dans le football en se séparant du « gros salaire de Wenger ».

 

TF1 lève le pied sur le foot

Sans forcément y voir une coïncidence, le départ de Wenger n’est au final qu’un petit élément d’une longue série qui montre sans aucune ambiguïté que le ballon rond sur TF1 n’est plus une priorité. Pourtant entre les diffusions de matchs de Champions League et le mythique Téléfoot, TF1 était une place forte audiovisuelle du football il n’y a pas si longtemps. En 2006 pour la Coupe du Monde la Une avait même posé plus de 100M€ sur la table pendant que Patrick Le Lay président du groupe déclarait sereinement « La Coupe du monde 2006 ne sera pas rentable pour TF1. » 

Droits TV Football

Mais voilà en 2014 le paysage audiovisuel footballistique Français a totalement changé de visage et TF1 s’est fait éjecté du game comme un vulgaire W9. Le gâteau se partage désormais entre Be In Sports et Canal + pendant que Christian Jeanpierre, Fred Callenge et Bixente Lizarazu se contentent des miettes que laissent tomber les deux géants. Pourtant du côté de Boulogne-Billancourt on assure que cette situation est choisie et non imposée « Nous considérons que les histoires au long court comme les championnats sont destinées à des chaînes payantes, et non plus à des chaînes gratuites. En revanche, les grands événements comme les matches de l’Equipe de France de football, la Coupe du Monde ou l’Euro 2016 ont toute leur place sur TF1, car il y a un effet de halo sur l’ensemble des audiences ». En lisant entre les lignes on comprend vite que TF1 n’a plus les moyens de suivre le rythme et réoriente sa stratégie en préférant poser son argent sur des séries Américaines ou de la téléréalité clairement plus rentables que le foot.

Après la perte de nombreux droits TV, la chute des audiences, le déclin inéluctable de Téléfoot et la présence vivement critiquée de Christian Jeanpierre, le départ d’Arsène Wenger marque une nouvelle étape dans la vulgarisation du foot sur la Une. A l’heure où les émissions spécifiques se multiplient sur C+ et Be In Sports dans lesquelles abondent des consultants, des ex-joueurs ou des ex-entraîneurs, TF1 a déjà largement perdu la face. Et ce ne sont pas les énumérations interminables de noms de joueurs et les anecdotes de CJP ou les fausses colères édulcorées de Bixente Lizarazu et les sujets démagogues de Fred Callenge qui vont redresser le radeau. Il se murmure d’ailleurs que le coach d’Arsenal serait déjà en contacts, pour intégrer les équipes foot de la chaîne Be In Sports, où à coup sûr  personne ne lui demanderait cinq fois par match de se figurer que Paul Pogba et ses grands compas est un diable de tricoteur.

 

Elias TOUMI
@Sir_Elias_

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