Beñat et la loi du milieu

Benat soumis à une forte concurrence au milieu de terrain en Espagne

Si on vous demande de citer les milieux de terrains retenus dans la liste de Vicente Del Bosque pour les matchs face à la Biélorussie et la France auriez-vous pensé à Beñat ? Non bande de footix, c’est pour ça qu’on vous le présente aujourd’hui.

 

Beñat Etxebarria Urkiaga partage avec Ignacio Monreal de Malaga  le titre de joueur le plus méconnu du groupe Espagnol concocté par Vicente Del Bosque en ce mois d’octobre. Il est aussi celui qui compte le moins de capes avec le maillot de la Roja, avec seulement 3 petites apparitions. Pourtant Beñat est l’un des meilleurs milieux de terrain de la Liga où chaque semaine il régale avec la liquette du Betis de Séville. La seule chose qu’on puisse lui reprocher ? D’être né Espagnol et en 1987.

En effet, plutôt difficile d’imposer sa patte dans un milieu de terrain où règnent en maître les Blaugranas et autres Merengues, répondant aux doux noms de Xavi, Iniesta, Xabi Alonso, Sergio Busquets, joueurs auxquels on peut y ajouter les virevoltants Cazorla et David Silva pour y obtenir un des meilleurs milieux de la galaxie football. Alors même si il en a tout l’air, Beñat et ses faux airs d’Andrea Pirlo est loin d’être un intrus parmi ces étoiles. On parle ici d’un mec qui s’est mis le sélectionneur dans la poche au bout d’une petite quarantaine de matchs dans l’élite. Solide n’est-ce pas ? Mais d’où vient-il ? Qui-est-il vraiment ?

 

Le Basque d’Andalousie

Beñat Etxebarria est un Basque, pur et dur. Il a vu le jour en 87 dans une petite ville d’à peine 4 000 âmes en plein coeur de la province de la Vizcaya à Yurre. Il débute le football à 10 piges dans le petit club d’Arratia puis rallie rapidement le grand club du Pays Basque : l’Athletic Bilbao. En cadets il va jouer une finale face aux Barcelonais alors emmenés par Piqué, Fabregas et un certain Messi. A 17 ans il connait même ses premières sensations internationales avec 5 matchs disputés pour le compte de l’équipe U17 Espagnole. Alors que tout semblait bien parti, le petit Beñat ne se voit pas offrir de contrat du côté de San Mames. Il se retrouve à 18 ans sur le carreau, mais pas grave, le gars à de la ressource et il s’engage rapidement avec le C.D. Baskonia (club filiale de Bilbao) qui évolue alors en Division 3 (équivalent du CFA). Après une saison pleine, devinez qui tape à la porte ? L’Athletic Bilbao qui veut récupérer le garçon pour l’incorporer au groupe B, sorte de réserve de l’équipe première qui évolue alors en Division 2 (National). Emballé Beñat rempile, il accumule alors plus d’une soixantaine de matchs en deux saisons aux côtés de Markel Susaeta et va même se dépuceler en Liga face à Osasuna en jouant 6 petites minutes. Insuffisant pour les décideurs de Bilbao, qui s’en séparent une seconde fois en 2008 pour le prêter à l’U.B. Conquense, petit club de Castille qui charbonne en Division 2.

C’est alors la première fois que le Basque met les pieds ailleurs que dans son pays natal. Et bien lui en a pris, il boucle cet exercice de façon remarquable. Son sens du jeu et sa qualité de tireur de coup-franc séduisent les recruteurs du Betis Séville, dont l’équipe B évolue dans la même poule que Conquense. Et puisque l’Athletic ne souhaite pas le conserver, sa seule porte de sortie se trouve donc au sud du Royaume du côté de l’Andalousie, chez les Beticos de Séville. Mais voilà les dirigeants veulent l’envoyer en équipe B toujours en Division 2. A 22 ans, il intègre donc à nouveau une équipe réserve et voit petit à petit les portes du monde professionnel se refermer. Loin d’être abattu, conscient qu’il abat là ses dernières cartes il réalise une saison aboutie et commence à taper à la porte de l’équipe première qui se morfond en Liga Adelante (Ligue 2). Le coach Pepe Mel décide pourtant en premier lieu de ne pas l’inclure dans la préparation estivale du Betis. Englué en équipe réserve, Beñat va enfin voir la chance lui sourire. En effet, juste avant le premier match de la saison Arzu, Juande et Cañas se blessent, c’est l’heure de Beñat. Il fait ses débuts contre Grenade le 29 août 2010 sur une victoire 4-1 et ne quittera plus jamais l’équipe première de la saison où il est l’artisan de la remontée en Liga, par ses passes inspirées et surtout ses coups-francs lumineux. Pepe Mel déclarera à la fin de la saison « En deuxième division, Beñat a beaucoup grandi et a surtout appris à être un footballeur ». Et devinez qui veut récupérer le talisman Andalou ? Bibao bien évidemment, mais cette fois-ci le milieu de terrain refuse et à 24 ans c’est donc dans la peau d’un titulaire que le Basque (re)débute en Liga. Le meilleur reste à venir, car dès la 3ème journée il plante une merveille de coup-franc contre… l’Athletic Bilbao. En traversant la Liga comme une étoile filante il se révèle être l’un des meilleurs joueurs à son poste. Il va même devenir le héros de tout un peuple un soir de mai 2012 en atomisant l’ennemi éternel le FC Séville, grâce à un doublé à nouveau sur coup-franc. Dictant sa loi au milieu de terrain, chacune de ses absences se fait cruellement ressentir pour les Verdiblancos. Pourtant indispensable il reste néanmoins méconnu hors du Royaume d’Espagne et se voit convoité par des clubs comme l’OM, Montpellier ou encore le Rubin Kazan. Pas trop trop reluisant nous direz vous mais le mec est bien à Séville et y reste du coup bien installé dans son fauteuil de playmaker.

 

La Roja en ligne de mire

La consécration suprême arrive lorsque le moustachu Vicente Del Bosque annonce sa liste de pré-sélectionnés pour l’Euro 2012 dans laquelle on y retrouve le blase de Beñat. Même si il ne participera pas à la sauterie estivale des Espagnols, il aura inauguré ses premières capes contre la Serbie et la Corée du Sud. Il glanera même une troisième sélection face à l’Arabie Saoudite. Cette saison il régale ses collègues avec 4 offrandes en 7 matchs de Liga. Avec son profil de guerrier aux pieds d’or il détonne dans cette sélection où faire sa loi au milieu est quasi impossible. A 25 ans, Beñat est dans les petits papiers de Del Bosque et avec la retraite proche d’un gars comme Xavi donc il dit s’inspirer, une place se libérera au milieu. Difficile de savoir qui s’en emparera puisque sont en lice des joueurs comme Javi Martinez, Javi Garcia, Thiago Alcantara auxquels Beñat n’a absolument rien à leur envier.

S’imposer et ne jamais refuser, Beñat Etxeberria sait le faire. Et d’après Xabi Alonso son partenaire du côté de la Roja « Beñat a prouvé qu’il avait le niveau de la Roja. Mais la concurrence est très forte «  Alors même si il ne foulera probablement pas la pelouse de Vicente Calderon ce soir face aux Bleus, retenez bien son nom, il pourrait ressortir d’ici peu et pas que dans la bouche de ce diable de Christian Jeanpierre.

 

Elias TOUMI
@Sir_Elias_

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