David Moyes a-t-il les épaules ?

David Moyes est-il assez solide pour entraîner Manchester United après le départ de Sir Alex Ferguson

Manchester n’avait plus connu pareille situation depuis 2001. Avec le revers concédé mardi sur la pelouse de Sunderland, dernier de Premiere League, en demi-finale aller de la League Cup, les Red Devils ont concédé leur troisième défaite consécutive en moins d’une semaine. Septième en championnat, à cinq points de la dernière place qualificative pour la Ligue des Champions, et déjà éliminé de la Coupe d’Angleterre, Man U connaît une saison difficile. David Moyes, successeur de Sir Alex Ferguson sur le banc, est sous le feu des critiques. L’entraîneur écossais ne parvient à trouver l’alchimie avec un groupe pourtant de qualité. Dès lors, une question se pose : a-t-il vraiment les épaules d’un manager capable de gérer une grosse écurie ?

Ces derniers mois, il y a une valeur historique du jeu mancunien qui semble s’être perdue : ce fighting spirit, qui a permis aux Red Devils de renverser tant de situations sous l’ère Ferguson, s’effrite depuis le début de saison. Combien de fois a-t-on vu Manchester, avec Sir Alex aux manettes, être mené au score et l’emporter dans les dernières minutes ? Depuis que David Moyes a repris les rennes de l’équipe, l’ancien coach d’Everton peine à inculquer cette âme de guerrier à ses joueurs. En témoigne la défaite de cette semaine à Sunderland, où les coéquipiers de Vidic, n’ont pas su trouver les ressources nécessaires pour venir à bout du dernier de Premier League (défaite 2-1). Certes, les nombreuses blessures actuelles de l’effectif (Van Persie, Rooney, Fellaini, Ferdinand) n’aident pas l’Ecossais dans sa tâche. Il n’empêche, avec seulement 56% de victoires cette saison, David Moyes affiche un plus mauvais ratio qu’André Villas Boas (65%), limogé il y a environ un mois du banc de Tottenham.

David Moyes

Moyes en pleine tourmente

En outre, quand on regarde le palmarès de l’Ecossais, on se demande s’il possède la trempe et le charisme nécessaires à grand manager pour emmener son équipe vers les sommets. Oui, son bilan en onze saisons passées à Everton est honorable. Lorsqu’il avait repris cette équipe en 2001, elle croupissait dans les bas fonds du classement de Premier League. A son départ, elle avait retrouvé une stabilité en titillant chaque année les places derrière le Big Four. Pourtant, malgré ce beau parcours, force est de constater que le palmarès du club est resté vierge. A ce jour, David Moyes ne compte qu’un titre de champion de 3ème division, avec son premier club de Preston North End et un Community Shield acquis en début de saison avec Manchester. Même s’il ne possédait pas un effectif paré pour décrocher des titres, ce constat inquiète au regard de la vitrine des trophées de Manchester. La marche est-elle trop haute pour lui ? Ne serait-il pas, finalement, un entraîneur pour des équipes de seconde zone ? Durant ces premiers mois à la tête de Man U, David Moyes a multiplié les boulettes. Il a changé un staff qui fonctionnait à la perfection du temps de Ferguson, raté son mercato estival dont il paye les conséquences aujourd’hui, et géré parfois de manière incohérente son effectif (lors des cinq premières journées de championnat, il n’a procédé qu’à très peu de changements, avant d’effectuer, par la suite, un turnover complètement fou).

 

Un manager reconnu par ses pairs

Pourtant, Moyes n’est pas arrivé à Manchester United par hasard. Si Sir Alex l’a choisi, suivi d’ailleurs par tout le conseil d’administration du club, c’est parce qu’il possède une vision du football en lien avec la mentalité du club. Notamment sa volonté de faire confiance aux jeunes, politique sur laquelle Manchester s’est toujours appuyé. C’est lui, par exemple, qui a lancé Wayne Rooney à Everton alors qu’il n’avait que 16 ans. David Moyes a aussi remporté trois fois le titre de Manager of the Year, preuve qu’il est reconnu par l’ensemble de la profession pour ses qualités d’entraîneur. Par ailleurs, puisqu’il est sans cesse comparé à son prédécesseur, il affiche un meilleur bilan qu’Alex Ferguson lors de son arrivée au club. La légende d’Old Trafford a connu, en effet, des débuts très mitigés, avec seulement 38% de victoires en 1987. L’Ecossais avait même failli être limogé au mois de janvier 1990, lorsqu’il avait enchaîné une série de huit matchs sans victoires avec son équipe.

David Moyes, s’il est en difficulté, peut donc compter sur la confiance des dirigeants de Manchester. A la différence de Chelsea, le club n’est pas du genre à virer son entraîneur après une première série de défaites. Si les espoirs pour le titre se sont envolés, il reste encore la Ligue des Champions, avec un tirage favorable en huitième de finale contre l’Olympiakos, pour sauver la saison du manager. Ce dernier devra d’ailleurs son salut qu’à un seul objectif : la qualification pour la Coupe aux grandes oreilles, que Manchester ne peut pas se permettre de rater l’an prochain.

 

Nicolas DURDILLY
@NicolasDurdilly

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