Kharja a fini de traverser le désert

Après plusieurs mésaventures, Kharja vient de s'engager avec Sochaux

Absent des terrains depuis plus d’un an, l’ancien capitaine du Maroc Houssine Kharja vient de s’engager à Sochaux où il espère bien faire rebondir une carrière qui s’est ensablée du côté du Qatar, avec en point de mire assumé : la CAN 2015.

Il y a deux ans de ça, Houssine Kharja était un joueur stable de Série A sous les couleurs de la Fiorentina et arborait sur son biceps un petit bout de tissu qui le consacrait capitaine chez les Lions de l’Atlas. Mais alors où-est-il passé pendant deux saisons ? C’est simple, deux incidents ont précipité sa plongée dans le monde terrible des footballeurs anonymes. Le premier juste avant la CAN 2013 où il s’attaque publiquement au controversé sélectionneur marocain de l’époque Rachid Taoussi et les propos de Kharja sont durs « Quand on gagne, Monsieur fait le tour des plateaux télévisés et dès qu’il perd c’est la faute à un tel. Assume tes responsabilités, c’est tout ce qu’on te demande !« . Il faut dire qu’à l’époque le climat est brûlant entre les deux hommes, Taoussi reprochant pèle-mêle à Kharja de ne pas répondre au téléphone, de jouer au Qatar ou prétexte vouloir lui éviter des heures d’avion inutiles.

Blacklisté en sélection, le natif de Poissy va en plus de ça commettre une erreur en club qui va lui coûter très cher. Un soir de mars 2013 alors qu’il dispute une demie-finale de Coupe du Qatar face à Al Garrafa avec son club d’Al Arabi il va livrer un prestation de combattant… UFC. L’ancien Parisien Nene qui évolue dans le camp d’en face vient de se faire expulser et tente de négocier avec l’arbitre ce que l’empêche de faire Kharja en l’écartant vicieusement de l’épaule. Nene pète un câble et assène une manchette à l’arrière du crâne du Marocain qui semble ne pas réagir sur le moment en faisant parler toute son expérience d’ancien joueur du Genoa et de l’Inter. Que nenni Messire, quelques secondes plus tard, Kharja revient à la charge sur le Brésilien et se venge avec un superbe coup de poing aérien. Une bagarre éclate alors sur le terrain et le match est arrêté de longues minutes. Dès le lendemain les images vont faire le tour du monde et Kharja a déjà réalisé l’erreur :  « Oui, j’en veux à Nene. Nous avons fait un choix peut-être plus économique que sportif en venant au Qatar, et maintenant, à cause de sa connerie, je vais risquer des grosses sanctions alors que j’ai rien demandé. Quand j’y repense, cela me met hors de moi. » Bingo dans un pays comme le Qatar, la pilule ne passe évidemment pas. Houssine Kharja écope de 10 matchs de suspension, d’une amende de 78 000 € et se retrouve chômeur puisqu’Al Arabi résilie son contrat. Oublié en Europe et foutu au Qatar cet épisode marque le début d’une longue traversée du désert. A l’heure où vous lisez ces lignes, le dernier match officiel du milieu de terrain Marocain, malgré des piges officieuses à Al Nasr ou à Novara, est cette fameuse demie-finale de Coupe du Qatar.

 

« L’idée c’est de retrouver la sélection »

Kharja à Sochaux

Résumer la carrière de Kharja à cette altercation avec Nene serait manquer de respect à l’un des meilleur milieux de terrain Africains de sa génération. Comme beaucoup de joueurs, Kharja est né en France, formé en France mais n’a jamais posé un crampon professionnel sur une pelouse hexagonale. A 19 piges il se lance dans des chemins de traverse qui le mènent à Ternana en Serie B où après 4 belles saisons il se fait remarquer par l’AS Rome. Trop tôt, trop tendre pour percer en Serie A, il repart s’aguerrir plus bas à Piacenza puis à Sienne avant de revenir frapper à la porte de l’élite sous les couleurs du Genoa. L’ascension surprise se poursuit lors de l’hiver 2011 quand il rejoint le meilleur club de la Botte à l’époque, l’Inter Milan. Cette signature chez les Nerazzurri marque le point culminant de la carrière de Kharja, puisqu’après une vingtaine de rencontres sous les ordres de Leonardo il file à la Fiorentina puis au Qatar avec la suite qu’on connait.

Sevré de compétition depuis plus d’un an, Kharja est parvenu à séduire le FC Sochaux qui vient de tomber en Ligue 2 et qui se retrouve englué en milieu de tableau. Dans un effectif Doubiste qui manque d’expérience où seuls Jean-Pascal Mignot et Yohann Pelé font office de guides, Houssine Kharja devrait vite trouver sa place et retrouver les terrains. Si pour Sochaux le temps ne presse pas encore (11ème après 10 journées), pour le Marocain les semaines qui suivent vont passer très vite. Lancé dans l’aventure Sochalienne avec une idée bien précise, celle de réintégrer la sélection pour la CAN 2015 qui se déroule à domicile, sauf si Ebola passe par là. Et comme dans le Doubs, Kharja et ses 77 sélections pourraient bien avoir un rôle à jouer sous le maillot national au sein d’une équipe qui compte de belles individualités comme Benatia, Boussoufa, Belhanda ou El Arabi mais qui pêche à mort dans le vécu international (le plus capé de la dernière liste était Boussoufa avec 34 sélections). Et tout comme Kharja, le Maroc aimerait se racheter une image ternie par deux éliminations consécutives au 1er tour des deux dernières éditions de la CAN. « La balle est dans mon camp » a-t-il martelé à plusieurs reprises lors de sa présentation. Si sa motivation est au plus haut, son état de forme et sa compétitivité restent pour l’instant des mystères et ses débuts avec Sochaux seront scrutés. Ils seront également l’occasion pour lui de fouler pour la première fois la pelouse d’un championnat professionnel français plus de 10 ans après son départ, avant pourquoi pas de ré-enfiler le maillot des Lions de l’Atlas. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

 

Elias TOUMI
@Sir_Elias_

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