Le mystérieux malaise de Ronaldo en 1998

Ronaldo a fait un malaise en 1998

A quelques jours du début du Mondial au Brésil, Les Remplaçants vous font revivre les moments insolites de la compétition. Cette fois-ci, retour sur le mystérieux malaise de Ronaldo, la veille de la finale au Stade de France en 1998. Ce soir-là, le buteur est transporté en urgence dans une clinique parisienne …

Qu’est-il arrivé à Ronaldo la nuit précédant la finale de la Coupe du Monde 1998 entre la France et le Brésil ? A un peu plus d’une heure du coup d’envoi au Stade de France, la feuille de match circule en tribune de presse. Dans l’équipe brésilienne, une absence de poids soulève l’interrogation des journalistes : Ronaldo, l’attaquant vedette de la Seleçao, auteur de quatre buts depuis le début de la compétition, est annoncé remplaçant. C’est son coéquipier Edmundo, joueur de la Fiorentina, qui occupera la pointe de l’attaque auriverde au côté de Bebeto. Face à cette surprise, les rumeurs fusent: s’agirait-il d’un coup de bluff des Brésiliens pour fausser les repères français ? Une demi-heure plus tard, la situation se renverse : Ronaldo sera bien sur le terrain au coup d’envoi. Mais à l’image de ses partenaires, Il Fenomeno passe complètement à côté de la rencontre…

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Ronaldo a été élu Ballon d’Or en 1997 et 2002.

 

Des convulsions et une perte de connaissance

A la sortie des vestiaires, le médecin du groupe brésilien, Lidio Toledo, fait une annonce fracassante: la nuit précédente, Ronaldo a été transporté à la clinique parisienne des Lilas pour des examens cardiaques et neurologiques. Vers quatre heures du matin, le buteur auriverde a perdu connaissance et a été victime de convulsions. C’est son partenaire de chambre, Roberto Carlos, qui a prévenu le staff médical. L’hypothèse d’une crise d’épilepsie est alors envisagée.

Alors que Ronaldo est transporté aux urgences, le sélectionneur brésilien Zagalo, lui, s’interroge. Doit-il se passer de son meilleur joueur pour la finale ? La décision est lourde à prendre, mais dans le doute, Zagalo préfère privilégier la santé de son protégé. Dans son discours d’avant match, il rappelle à ses joueurs le souvenir de la finale de 1962. Ce jour-là, le Brésil s’était imposé contre la Tchécoslovaquie sans son joyau Pelé, blessé depuis le début de la compétition.

Un peu moins d’une heure avant le coup d’envoi du match, Ronaldo arrive au Stade de France dans la précipitation. Les tests qu’il a subis n’ont révélé aucune lésion. Devant  l’envie de jouer de son poulain, Zagalo cède et le met titulaire. Après le match, il dira : « Je n’ai pas arrêté de penser à le remplacer. Mais il m’a dit qu’il se sentait bien. Si je ne l’avais pas fait jouer, on me l’aurait reproché pendant longtemps. »

A l'image de son équipe, Ronaldo a été bousculé par une équipe de France au sommet de son art.

A l’image de son équipe, Ronaldo a été bousculé par une équipe de France au sommet de son art.

Dopage, crise cardiaque et pression de Nike

Aujourd’hui encore, le mystère reste entier autour de cet incident. En 2000, à l’occasion d’une grande expertise des finances du football brésilien, deux enquêtes parlementaires sont ouvertes pour savoir si Ronaldo devait être titularisé ce jour-là. Les élus évoquent notamment la pression de Nike,  sponsor principal Ronaldo, qui aurait insisté pour que ce dernier participe à la rencontre. Le joueur, lui, réfute cette version et affirme avoir persévéré pour être présent sur le terrain.

En 2012, Bruno Caru, président de la société italienne de cardiologie du sport, qui collaborait à l’époque avec le médecin de l’Inter de Milan, affirme que Ronaldo a été victime d’une crise cardiaque : « L’électrocardiogramme (réalisé à la clinique des Lilas) n’a pas été analysé comme il se doit. En vérifiant le dossier avec attention, une fois à l’hôpital, Ronaldo avait 18 pulsations par minute. Cela signifie qu’au moment de la crise, le cœur s’était arrêté de battre. Les médecins français se sont entêtés et se sont fiés au diagnostic de la crise d’épilepsie émise par Roberto Carlos et non par un médecin. Ils ont donné un médicament très puissant, bon pour l’épilepsie mais pas recommandé pour les problèmes cardiaques […] C’est ce qui explique aussi la prestation plus que décevante de Ronaldo en finale.» Cette version des faits sera démentie par le joueur le lendemain.

Dans son livre, Dopage dans le Football, le docteur Jean-Pierre de Mondenard va plus loin, et affirme que Ronaldo, bourré d’amphétamines, aurait fait une réaction à un anti-inflammatoire : « Il souffrait des genoux depuis le début du Mondial et le staff médical lui faisait des infiltrations pour qu’il puisse jouer malgré son handicap. De plus, ce genre de produit contient un anesthésique qui peut, s’il est injecté en partie dans un vaisseau sanguin, provoquer un choc avec perte de connaissance pouvant passer pour une crise d’épilepsie. » 

Dopé ou pas, Ronaldo est passé à côté de sa finale ce soir-là. Quatre ans plus tard, il prenait sa revanche et inscrivait les deux buts en finale de Coupe du Monde contre l’Allemagne. Aujourd’hui à la retraite, Il Fenomeno est toujours le recordman des buts en phase finale de la compétition, avec 15 réalisations. Mais l’allemand Miroslav Klose (14 buts) pourrait bien lui ravir son record au mois de juin.

Les quinze buts de Ronaldo en phase finale de Coupe du Monde

Nicolas DURDILLY
@NicolasDurdilly

1 commentaire

  • Marcolini dit :

    Après la divulgation de Platini en lisant cette histoire de Ronaldo on peu se posé des question?

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