Lens y est presque

Lens est presque en Ligue 1

Tenu en échec à Chateauroux ce lundi (1-1), le Racing Club de Lens a manqué l’occasion de faire un grand pas vers la montée en Ligue 1. Toujours second du classement avec 4 points d’avance sur Nancy, quatrième, le Racing se rapproche d’un retour dans l’élite espéré par tout le peuple sang et or. Mais derrière, ça revient fort.

 

18 mai 2008. Cette date résonne peut-être comme un détail pour vous, mais pour tout supporter lensois elle veut dire beaucoup. C’est le jour où le Racing a retrouvé la Ligue 2, avec à l’époque le cinquième budget de Ligue 1 et un effectif taillé pour jouer le haut de tableau (Monterrubio, Belhadj, Hilton, Dindane, Carrière…). Après un grand ménage, le club réussit l’exploit de remonter l’année suivante dans l’élite. Pour retrouver les « joies » de la seconde division deux ans plus tard.

Trois longues années donc que le Racing survit tant bien que mal aux joutes de la deuxième division. Et cette saison pourrait bien être celle de la renaissance pour le club cher à son président Gervais Martel. Deuxièmes du classement malgré le nul concédé au stade Gaston Petit face à Châteauroux ce lundi (1-1), les Sang et Or ont manqué l’occasion de revenir à hauteur du leader messin et surtout, de garder ses distances avec la meute des prétendants au podium. Dans une course à la montée qui s’annonce très disputée : Caen est en effet troisième à trois unités des Sang et Or (dans l’attente du verdict du CNOSF qui sera rendu ce lundi dans le cadre de la rencontre Caen-Nîmes), alors que derrière, Nancy, Niort et Angers se tiennent en trois petits points. La réception des Lorrains à Bollaert-Delelis ce soir s’annonce donc capitale.

Kombouaré-Mammadov, les hommes providentiels

C’est à l’issue d’une saison 2012/2013 médiocre, où les Sang et Or ont terminé douzièmes du classement, que Gervais Martel a souhaité apporter du sang et or neuf. Avec tout d’abord d’un nouvel actionnaire arrivé tout droit d’Azerbaïdjan : Hafiz Mammadov. Et à défaut de s’être transformé en nouveau mécène du club sang et or, l’homme d’affaires azéri lui a surtout éviter de disparaître. « Si Mammadov n’était pas venu, il n’y aurait plus de RC Lens. Il a sauvé des emplois, et il nous apporte des moyens pour monter une équipe » expliquait dimanche dans Téléfoot Antoine Kombouaré, l’entraîneur nordiste.

Du côté du sportif justement, exit Éric Sikora, reparti entraîner la CFA, et arrivée donc d’Antoine Kombouaré. Avec lui, ce ne sont pas moins de huit nouveaux joueurs qui débarquent, le tout à deux semaines de la reprise. Et si ce recrutement tardif n’incitait pas à l’optimisme en début d’exercice, la mayonnaise a rapidement pris du côté de la Gaillette. Avec 13 points pris sur 15 possibles en début de saison, les Sang et Or avait idéalement lancé leur opération remontée, se hissant rapidement sur le podium de Ligue 2 qu’ils n’ont plus quitté depuis… le 2 novembre dernier.

Danijel Ljuboja

Grosse saison de Daniel Ljuboja. A 35 ans, l’homme au jeu aussi fantaisiste que ses coupes de cheveux, passé notamment par Grenoble et le PSG, a inscrit 8 buts et délivré 5 passes décisives depuis le début de saison.

Un syndrome Bollaert ?

Néanmoins, les Sang et Or tardent véritablement à valider cette montée dans l’élite. Au contraire du FC Metz, solide leader du championnat avec 8 unités d’avance sur le Racing et surtout, promu cette saison en Ligue 2 à qui il ne manque pas grand chose pour composter son billet direction Ligue 1. Car les Lensois sont les champions de l’irrégularité, notamment dans leur antre de Bollaert. En 2014, les coéquipiers de Jérome Le Moigne n’ont remporté que deux succès à domicile sur sept rencontres disputées.

De quoi freiner considérablement une dynamique souvent intéressante loin de leurs bases. Les Lensois sont en effet les seuls à avoir fait tomber le FC Metz cette saison à Saint-Symphorien en championnat. Petite anecdote d’ailleurs, s’il restait en l’état, le classement actuel pourrait être favorable à l’Équipe de France. Car la dernière fois que le RC Lens et le FC Metz ont terminé aux deux premières places d’un championnat, Zizou et consorts remportaient la Coupe du Monde (saison 97/98).

Alaeddine Yahia

Alaeddine Yahia ou l’art du geste défensif efficace. Le patron de la défense Sang et Or, c’est lui !

Yahia, c’est lui le patron

 Une irrégularité des hommes d’Antoine Kombouaré qui peut s’expliquer par la jeunesse de l’effectif sang et or. 25 ans de moyenne d’âge, avec un Antoine Kombouaré qui n’hésite pas à confier les clés du camion aux plus jeunes et à lancer les pépites de la Gaillette, grande vague de blessures oblige. Tout en s’appuyant sur les quelques valeurs sûres de la saison précédente, comme Yoann Touzghar ou encore Ludovic Baal.

Mais c’est surtout Alaeddine Yahia, présent au club depuis 2009, qui est devenu l’indiscutable patron de l’arrière-garde nordiste. Quand il n’est pas là, le Racing prend l’eau et affiche moins de sérénité, à l’image du dernier match à Châteauroux ce lundi. Ce fut également le cas au Havre le 14 septembre avec une cinglante défaire (6-2). Malheureusement pour le Racing il va falloir faire avec, puisque le Tunisien s’est récemment fait opéré du genou et sera indisponible pour les six prochains mois. Une absence de plus à déplorer dans une défense jeune et parfois friable (37 buts encaissés depuis le début de saison), mais pétrie de talents à l’image de Loïck Landre, international espoir français prêté par le PSG. Une arrière-garde dirigée par celui qui s’est imposé en une saison comme l’un des tous meilleurs portiers de Ligue 2 : Alphonse Areola, lui aussi prêté par le Paris-Saint-Germain. Au milieu, l’amalgame se fait naturellement entre les jeunes pousses du centre de formation sang et or (Bourigeaud, Cyprien, ou encore Gbamin) et les plus anciens comme le capitaine Jérome Le Moigne ou encore Pierrick Valdivia. Ensuite, c’est le grognard Daniel Ljuboja et le régulier Yoann Touzghar (meilleur buteur du club avec 12 réalisations) qui sont les fers de lance d’une attaque nordiste complété par la révélation Pablo Chavarria (9 buts), recruté à Courtrai au mercato d’été.

« On voit la ligne d’arrivée. Maintenant, il faut la franchir. Je ne vois ce qui pourrait nous empêcher d’atteindre notre objectif » Antoine Kombouaré

Supporters RC Lens

Ils seront près de 40 000 dans les travées de Bollaert ce soir. Pour espérer décrocher un troisième succès en 2014 à domicile

Bollaert-Delelis n’attend que ça

Le Racing joue donc depuis plusieurs semaines à se faire peur. Alors que se profilent deux rencontres cruciales face à des prétendants directs à l’accession en Ligue 1 (Nancy et Angers), les Nordistes ont vu leur avance sur leurs poursuivants fondre comme maroilles au soleil. Qu’importe, Antoine Kombouaré ne semble pas inquiet quant à une issue favorable en fin de saison. « On voit la ligne d’arrivée. Maintenant, il faut la franchir. Je ne vois ce qui pourrait nous empêcher d’atteindre notre objectif » a t-il expliqué aujourd’hui au site officiel du club. Et ça commence par une victoire dès ce soir face au Nancy de Pablo Correa, car tout autre résultat qu’une victoire fragiliserait la position pour l’heure favorable du Racing. Trois points de plus afin de frapper un grand coup dans la course à la montée. Mais aussi et surtout, de se rapprocher de l’objectif partagé avec tout le peuple sang et or: rugir de nouveau en Ligue 1.

 

Julien COLLOMB
@JujuCollomb