Les 16 secondes

Lars Ricken héros de la Ligue des Champions 1997 avec Dortmund face à la Juventus de Turin

Cette semaine nous fêtons la première année d’existence du site Les Remplaçants. A l’occasion nous vous offrons une série de portraits de joueurs qui comme nous s’accommodent très bien de ce rôle ingrat. Poser ses fesses au bord du terrain, regarder les autres jouer, les critiquer et mettre l’ambiance une fois dans le game c’est ça le football. Pour ce quatrième portrait nous vous présentons un joueur qui est entré dans la légende quelques secondes après être sorti du banc, Lars Ricken.

 

Lars Ricken fait partie de ces joueurs qui nous laissent un goût d’inachevé quand on regarde leur carrière et la talent qu’il possèdent. Moins poissard et fragile qu’un Sebastian Deisler, Ricken souvent blessé a du se résoudre à laisser filer pas mal de grosses échéances dans sa vie de footballeur comme le mondial de 98, l’Euro 2000 ou l’Euro 2004. Et quand il a été sélectionné pour la Coupe du Monde 2002, où son Allemagne emmenée par Ballack et Klose a échoué en finale face au Brésil, Lars Ricken lui n’a pas posé un crampon sur le terrain. En 2007, à 31 ans à peine il annonce sa retraite miné par une énième blessure. Pourtant ce milieu offensif aux 16 sélections avec la Manschaft aura marqué l’histoire du football d’une empreinte de T-Rex lors de l’année 97, un fameux soir de finale de Ligue des Champions.

 

Des débuts en fanfare

Homme d’un seul club, Lars Ricken est né à Dortmund, formé à Dortmund et aura passé les 15 ans de sa carrière professionnelle à défendre l’honneur des jaunes et noirs. L’histoire commence pour Ricken comme un compte de fée à la Disney, l’enfant du club débute en Bundesliga à 17 ans et sera même le plus jeune buteur de l’histoire du championnat pendant un bout de temps avant qu’un autre gamin de Dortmund, Nuri Sahin vienne le détrôner en 2005. Pas spécialement titulaire, le jeune Ricken inaugure son armoire à trophées en décrochant deux titres de champion en 95 et 96.

Précoce, Ricken l’est également sur la scène continentale, à même pas 21 ans on peut lire sur sa feuille de stats qu’il arbore déjà plus d’une quinzaine de matchs en Ligue des Champions ponctués de jolies entrées en jeu et de quelques buts. Pour faire une comparaison grossière, à l’époque la sensation Lars Ricken est une sorte de prototype d’un Mario Götze, sauf que les scientifiques du centre de formation de Dortmund ont inséré dans le sang de Ricken un gène de fidélité que ne possède pas Götzilla.

En 1997 alors que les Spice Girls et le film Men in Black cartonnent, Samuel Eto’o débute en équipe nationale à 16 ans et Ronaldo, le vrai, domine la planète football du haut de ses 22 ans. Lars Ricken et Dortmund réussissent une belle campagne européenne en Ligue des Champions. Sortis en seconde position de leur groupe derrière l’Atlético Madrid, les hommes de Otmar Hitzfeld affrontent l’AJ Auxerre pour un quart de finale qui sent la poudre. Dortmund l’emporte 3-1 à l’aller, mais l’arbitre commettra une belle erreur d’arbitrage en annulant injustement un but en ciseau acrobatique de Laslandes. Au retour c’est Ricken qui mettra un terme aux espoirs Ajaïstes en inscrivant le seul but du match à l’Abbé Deschamps. Le parcours de Dortmund continue en demies contre United qui se fera sortir sans ménagement. En finale, les Allemands sont alors opposés au monstre sacré de l’époque, la Juventus de Turin.

 

Ricken amateur de cougars

Cette finale de l’édition 97 de la Ligue des Champions met aux prises une équipe de Dortmund inexpérimentée mais tellement solide avec sa paire centrale Köhler-Sammer face à l’armada Turinoise de Lippi emmenée par les étoiles Deschamps, Zidane, Del Piero, Vieri et Peruzzi. Tout est mis en place pour que la Vieille Dame empoche sa deuxième C1 d’affilée et pourtant au bout d’une demie-heure c’est bel et bien Dortmund qui mène au score grâce à un doublé de Riedle. Au retour des vestiaires, les Bianconeri vexés poussent et réduisent l’écart avec un Del Piero de folie. Mais alors que le match semble tourner côté Transalpin, Hitzfeld lance Lars Ricken dans le game. 16 secondes plus tard, premier ballon, c’est déjà fini.

Grâce à cette patate magique au dessus de Peruzzi, Dortmund s’envole dans la nuit de Münich pour aller chercher sa première Ligue des Champions et Lars Ricken le jeune insolent est aux anges d’avoir terrassé cette Vieille Dame. Dommage pour lui, la suite de sa carrière n’atteindra jamais de tels sommets, car entre les blessures et les moments manqués Lars Ricken nous laisse un sentiment mitigé de « peut mieux faire ». Pas né dans la bonne génération Allemande, celle juste après Völler, Matthaus et autres Klinsmann et juste avant celle des « métis » Podolski, Özil ou Khedira il n’aura pas pu régner en international.

16 ans après pourtant, les fans du Mur Jaune se rappellent encore de Ricken l’enfant de Dortmund, le remplaçant décisif, car lui contrairement aux actuels Götze, Lewandowski, Reus et Gundogan il aura ramené la Ligue des Champions dans la Ruhr et ça, ça vaut bien toutes les titularisations du monde.

 

Elias TOUMI
@Sir_Elias_

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