Ludogorets Razgrad : Il y a du monde aux Balkans

L'équipe de Ludogorets est une bonne surprise

A un mois des seizièmes de finales de la Ligue Europa, gros plan sur quatre clubs qui, dans l’anonymat le plus complet, sont brillamment sortis de leur groupe, parfois relevé. Aujourd’hui, focus sur le nouveau club phare du football bulgare.

Située au Nord-Est de la Bulgarie, entre le Danube et la Mer Noire, la petite ville de Razgrad (35000 habitants) vit au rythme de son club de football, le PFC Ludogorets. Fondé en 2001 par Vladimir Dimitrov et Aleksandar Aleksandrov (dont Claude François s’est sûrement inspiré pour écrire sa célèbre chanson), le club a gravi les échelons petit à petit pour se retrouver aujourd’hui au stade d’équipe porte-drapeau de son pays en Europe.

 

Des débuts difficiles

Le club de Razgrad connaît une ascension longue et tumultueuse, du moins à ses débuts. D’abord nommé Loudogorié FC, le club troque son nom l’année suivante pour celui du Razgrad 2000, fruit d’une fusion avec l’équipe de jeunes de la ville. Sportivement, le club brille, puisqu’il finit plusieurs fois à la première place de son groupe. Mais financièrement, le club a du mal a suivre et doit refuser à chaque fois la montée, faute de budget. Finalement, après une nouvelle victoire lors de la saison 2005/2006 et avec une manne financière plus conséquente, le Razgrad 2000 gravit l’échelon supérieur. Les Vert et blanc pédalent cependant un moment dans le yaourt et ne valident leur ticket pour la deuxième division que quatre saisons plus tard, en 2009/2010.

 

L’homme qui tombe à pic

A l’orée de la saison 2010/2011, le club subit deux bouleversements : d’abord, il change une nouvelle fois de nom, pour s’appeler le Ludogorets Razgrad, en hommage au plus ancien club de la ville, fondé en 1945 et disparu en 2006 (Grégoire Margotton dira même que ce changement de nom c’est « comme un symbole. »). Mais ce qui change surtout la donne pour le pensionnaire de Groupe B, c’est le rachat du club par le riche homme d’affaires Kiril Domuschiev. Le nouveau propriétaire annonce d’entrée la couleur : il veut monter en Groupe A (première division), et il s’en donne les moyens : le club recrute des valeurs sures de sa division et assure la montée en mai 2010.

Ludogorets

La joie des joueurs de Razgrad après leur premier titre de champion. Peut-être pas la dernière coupe aux grandes oreilles qu’il lèveront.

A ce moment là, tout s’accélère. A l’intersaison, le club se renforce avec de nombreux joueurs, dont les expérimentés Emil Gargorov (bien connu des strasbourgeois), Vladimir Stoyanov. ou Alexandre Barthe, ancien compagnon de Wilfried Niflore au Litex Lovetch, et aujourd’hui grand patron de la défense du Ludogorets. Invaincus pendant les neuf premières journée de première division, les aigles s’inclinent face à l’ancien club de Barthe. A la trêve, Razgrad est en tête, mais voit le CSKA Sofia lui passer devant dès la reprise à cause d’une série de trois défaites consécutives. Le duel se poursuivra jusqu’à la dernière journée, avec un match entre…le CSKA et le Ludogorets. Dans l’obligation de gagner pour remporter le titre, le promu réalise l’exploit (victoire 1 à 0) et est donc champion lors de sa première saison parmi l’élite. Stoyanov termine, lui, co-meilleur buteur avec 16 buts. Cette saison 2011/2012 se termine avec un doublé coupe-championnat (victoire 2-1 face au Lokomotiv Plovdiv en finale).

 

Les débuts européens et la confirmation

LudogoretsLDC

Les vert et blanc commencent à écrire leur histoire européenne en juillet 2012, en participant pour la première fois de leur histoire au deuxième tour de barrage de la Ligue des Champions. Et le tirage ne sourit pas aux bulgares qui, opposés au Dinamo Zagreb, vont tout de même être virtuellement qualifiés jusqu’à la 97e minute du match retour (défaite 3-2 après un match nul 1-1 à domicile). La première campagne européenne du champion bulgare tourne court, mais les joueurs se consolent en remportant la Supercoupe de Bulgarie face au Lokomotiv Plovdiv, décidément malheureux. En championnat, c’est bis repetita pour les aigles de Razgrad, puisqu’ils démarrent avec huit victoires consécutives et sont une nouvelle fois leader à la trêve. Mais cette fois, c’est le Levski Sofia qui donne du fil à retordre au champion en titre. Et tout comme en 2011/2012, l’équipe remporte le championnat lors de l’ultime journée.

La suite est connue : le Ludogorets ne fera pas son trou en Ligue des Champions lors de la saison 2013/2014, échouant lors du dernier tour préliminaire face au FC Bâle. Le club est reversé en Europa League, et impressionne ses adversaires par sa philosophie de jeu offensive. Plus encore, dans une poule relativement relevée (avec notamment le PSV Eindhoven et le Dinamo Zagreb, une vieille connaissance), les coéquipiers du brésilien Michel Platini (arrivé à l’intersaison du CSKA Sofia alors qu’Emil Gargorov faisait le chemin inverse) se paient le luxe de terminer invaincu et premier du groupe B avec 16 points sur 18. Qualifiés pour les seizièmes de finale ils devront se mesurer à la Lazio de Rome. Peut être le début d’une épopée magique pour un petit aigle voué à devenir grand…

 

Pascal LEVRARD
@LePagalou

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