Tunisie, le dilemme binational

Tunisie, le dilemme des binationaux

Après avoir ramené une victoire historique de Guinée, la Tunisie est en passe de retrouver la Coupe du Monde douze ans après sa dernière participation. Quand ils auront pris le petit point qui leur manque face à Libye, les Aigles de Carthage auront du pain sur la planche pour préparer leur retour sur le devant de la scène internationale. Et plus particulièrement Nabil Maaloul, leur sélectionneur, qui devra gérer l’épineux cas des binationaux qui hésitent encore.

Revoilà le serpent de mer ! Et rien à voir avec Youri Djorkaeff qui irait se faire dorer la pilule sur une plage de Hammamet. Aux portes de la qualif’ pour le Mondial qui se déroulera en Russie l’été prochain (14 juin – 15 juillet), la Tunisie, qui devra encore prendre un point face à Libye lors de la dernière journée le 11 novembre, commence déjà à préparer son voyage au pays de Vladimir Poutine et des joueurs à la nuque longue. Mais avant même de se pencher sur la recherche d’un camp de base, Nabil Maaloul, qui a repris les rênes de la sélection en avril dernier, va devoir se pencher sur le cas épineux des quelques binationaux qui n’ont pour l’instant pas fait leur choix. Exit le cas de Karim Rekik qui a préféré les Pays-Bas aux Aigles de Carthage et qui ne verra donc pas la Russie cet été à part à la télé, reste quelques joueurs encore éligibles pour défendre les couleurs du bled.

Les binationaux et l’amour à la carte

Certains médias tunisiens évoquent déjà le cas de Wissam Ben Yedder qui serait la priorité numéro 1 de Nabil Maaloul. Courtisé depuis de nombreux mois par la sélection tunisienne, le Sévillan a jusqu’ici donné sa préférence à l’équipe de France. Performant depuis un bon bout de temps à la pointe de l’attaque d’une référence européenne, l’ancien Toulousain ne semble pourtant pas dans le bon wagon pour rejoindre Moscou dans les bagages de Didier Deschamps. Devancé dans la hiérarchie par des mecs comme Olivier Giroud, Antoine Griezmann ou encore Alexandre Lacazette, Wissam Ben Yedder n’a donc que très peu de chances de jouer la Coupe du Monde avec la France. Même constat pour un joueur comme Ellyes Skhiri (Montpellier) qui a avoué que la Tunisie n’est pas son option numéro 1 il y a quelques semaines. Deux exemples qui démontrent l’ampleur du chantier sur le dossier binationaux.

Wissam Ben Yedder entre la France et la Tunisie

Du Coq à l’Aigle ?

Si la Tunisie pourrait difficilement dire non à des joueurs de ce calibre en cas de réponse favorable de dernière minute, reste à savoir, si Nabil Maaloul doit les sélectionner pour le Mondial ? Eux et tous ceux qui, jusqu’ici, n’ont pas voulu rejoindre les Aigles de Carthage (Mouez Hassen, Saïf-Eddine Khaoui…). Parce qu’il serait maintenant bien trop facile pour tout ceux-là de déclarer leur amour à la sélection, la qualification pour la Coupe du Monde aidant. Il serait surtout cruel pour ceux qui ont décroché ce ticket pour la Russie sur le terrain au sein d’une sélection qui s’est en très grande partie appuyée sur des mecs qui jouent dans le championnat local avec des Khazri, Sliti et compagnie qui eux ont ont répondu favorablement aux appels de leur pays d’origine depuis longtemps. Au total, Henrick Kasperczak puis Nabil Maaloul auront fait appel à 45 joueurs différents depuis la début des qualifications en novembre 2015 et la double confrontation face à la Mauritanie.

Maintenant, de là à sortir ceux qui ont charbonné aux quatre coins de l’Afrique pour se donner une chance de goûter à une Coupe du Monde pour prendre ceux qui vont saisir au vol une opportunité qui ne se loupe pas, c’est à Nabil Maaloul de prendre ses responsabilités pour monter une équipe (autour du génial Youssef Msakni) capable d’aller chercher une deuxième victoire durant la compétition après celle historique de la Tunisie face au Mexique. La première d’une sélection africaine à un Mondial, en Argentine en 1978 (3-1). Mais avant de se pencher sur tous ces problèmes, les Aigles de Carthage vont d’abord devoir faire le job face à la Libye le 11 novembre prochain dans un stade olympique de Radès qui sera très certainement plein à craquer pour vivre ce moment historique…

Nourredine REGAIEG
@Nourregaieg