Bafé Gomis entre bras de fer et pied de nez

Bafétimbi Gomis refuse de partir et de prolonger à Lyon

Chaque été c’est la même chose, chaque mercato on a le droit à la même histoire, l’habituel bras de fer entre un joueur et son club qui ne veut pas le laisser partir sous d’autres cieux. Situation insolite, Bafé Gomis lui se bat contre son entraîneur et son président pour rester à Lyon. 

 

Romain Alessandrini c’est le feuilleton de l’été en Ligue 1 cette année. Le Rennais, Marseillais de naissance pousse depuis quasiment un mois pour rejoindre l’OM qui lui fait les yeux doux et compte lui confier les clés du couloir gauche. D’abord partagé entre la Bretagne où il n’évolue que depuis une saison, et encore il s’est fait les ligaments en février, et Marseille la ville qui l’a vu grandir, le néo-international n’a finalement pas hésité à clamer ses envies de départ. Un mois que ça dure et un mois que c’est bloqué. Les bras de fer c’est bien souvent une affaire de mercato et les cas sont légions, pourtant en ce début d’été il y a une anomalie dans le système, Bafétimbi Gomis est en guerre contre son club … pour y rester.

 

 

L’adepte des bras de fer

Bafé Gomis n’en n’est pourtant pas à son premier coup d’essai en matière de divergence de point de vue, en 2008 alors qu’il était encore jeune attaquant des Verts il avait mal apprécié de ne pas jouer un match contre l’OM et s’était entraîné en marge du groupe. En 2009 toujours à Saint-Etienne il été entré en conflit avec les dirigeants pour pouvoir rejoindre l’ennemi Lyonnais. Avouez il vous apparaît comme beaucoup moins à plaindre pour le coup. Car oui l’Olympique Lyonnais ne veut plus du meilleur buteur Français de Ligue 1 en activité. Plongé dans une ère beaucoup moins faste que les années où les Gones enchaînaient les titres, Jean-Michel Aulas ne fait pas dans le sentiment quand il s’agit de parler d’argent. Positionné dans un rôle de club vendeur, l’OL chasse ses gros salaires (Cris, Bastos), vend ses bons produits (Kallström, Lovren) et s’ouvre aux jeunes (Lacazette, Grenier) pour ne pas se mettre dans le rouge. Les dirigeants Rhodaniens avaient déjà tenté de refourguer Gomis au Rubin Kazan l’été dernier sans succès. Bis repetita aujourd’hui, mais cette fois-ci comme le temps presse puisqu’il ne reste qu’un an de contrat à l’international Français avant qu’il ne parte gratuit, Jean-Michel Aulas aimerait bien récupérer une somme comprise entre 8 et 10M€. Le seul problème, c’est que Gomis est plutôt déterminé à faire chier son président et se voit bien rester à Lyon… même si il ne jouerait pas, histoire de partir gratuitement et de toucher quand même son gros salaire pendant un an, joli pied de nez.

 

Le banc ou l’étranger

Cette situation plutôt cocasse, ne l’est pas forcément pour le board Lyonnais qui lui est plutôt agacé par l’attitude de Gomis. Pourtant meilleur buteur du club en Ligue 1 la saison passée avec 16 buts, Rémi Garde lui préfère l’Argentin Lisandro Lopez à la pointe de l’attaque. Laissé à quai, Gomis s’est vu refuser de participer à l’habituel stage de pré-saison à Tignes. « C’est la première fois qu’un coach, par presse interposée, dit ne pas compter sur moi. J’aurais apprécié un appel lundi quand on m’a annoncé ma mise à l’écart… c’est dommage. J’ai joué un rôle important, je pense, depuis qu’il est là. Ce n’est pas la manière la plus correcte de dire à un joueur qui a mis près de 50 buts sous vos ordres qu’on ne compte plus sur lui. Je pense mériter un peu plus de considération ». De la considération Gomis en a reçu mais de la part d’acteurs du football comme André Ayew, Blaise Matuidi ou « des partenaires dont je ne citerais pas le nom ». Mais quels clubs se sont penchés sur son cas assez particulier? On a parlé de Monaco pendant un temps mais c’est plutôt vers l’étranger que devrait se poursuivre la carrière de Bafé. Swansea, Cardiff, le Shakhtar, Newcastle ou la Fiorentina tiennent la corde mais Gomis fait la sourde oreille « Je respecte tous les clubs, mais j’ai encore le droit de décider de ma destination, non ? (…) Si je ne trouve pas un club qui peut m’offrir les garanties que j’attends, qui a l’ambition que je recherche, je resterai. Je me tiendrai prêt à aider l’équipe. J’essaierai de montrer l’exemple car je n’oublie pas que je suis un privilégié. Il y a bien plus grave dans la vie. Et je veux partir de Lyon la tête haute. Je pense avoir donné une belle image de moi, ici ». N’oublions pas que la Coupe du Monde se profile à la fin de la saison et que l’attaque des Bleus est loin d’être figée. Choisir le mauvais club, c’est faire une croix sur le Brésil.

Si son départ ne semble plus faire l’ombre d’un doute, quand est-ce qu’il partira et sa destination restent encore des mystères. Bafé Gomis, le footballeur qui voulait respecter son contrat fait office aujourd’hui de héros malheureux. Il avait fait des pieds et mains pour rallier le Rhône en se mettant à dos toute une partie du public Stéphanois, il fait maintenant des pieds et des mains pour rester à Lyon en se mettant à dos les dirigeants Lyonnais. Football, ton univers impitoyable.

 

Elias TOUMI
@Sir_Elias_

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