FIFA – PES : Combat pour le trône du gonfle

Qui de FIFA ou de PES est le meilleur ?

C’est chaque année la même chose. L’actualité vidéoludique se voit marquée par un affrontement éternel lors de la rentrée en septembre. FIFA vs PES c’est un peu le Manchester United / Liverpool de l’histoire des jeux vidéo. Chacun a eu sa période de domination sans partage sur le petit monde des jeux de foot, chacun a connu sa décadence et sa remise en question. Après plusieurs années de suprématie incontestable de la série américaine, les crus 2014 pourraient bien remettre quelque peu les choses à plat.

Une petit point historique s’impose. On s’en souvient tous, la série des PES a régné sans partage sur l’ère des consoles 128 bits (PS2, Gamecube et Xbox). A l’époque les FIFA se cherchaient désespérément entre l’arcade sans grand intérêt et la richesse de la simulation. Puis est venu cette génération de console, aujourd’hui à son crépuscule. Comme une grande partie de ses homologues développeurs japonais, le virage de la HD s’est avéré très difficile pour Konami (ou KCET pour parler plus précisément).

Dans le même temps le géant Electronic Arts peaufinait dans son coin le renouveau de sa série emblématique. Quelques années plus tôt, de nouvelles équipes ont repris en main le développement de FIFA. Avec elle, le jeu s’est imprégné d’une toute nouvelle philosophie de gameplay, maintenant totalement axés sur la simulation pure et dure. Le travail va payer, FIFA 08 marque une nouvelle étape. Jamais un jeu de foot n’aura été aussi complet et riche. Pourtant bien installé sur son trône dans la tête des joueurs, PES n’avance plus, n’évolue plus vraiment et se voit pour la première fois vraiment menacé par la concurrence depuis plus de 8 ans. S’ensuivront alors 6 années de domination sans partage de la série d’EA Sports. Tout portait à croire alors que sur une génération de console en fin de vie, cette hiérarchie ne pourrait pas vraiment évoluer. C’est se tromper, du moins en partie.

PES-14

Fox Engine trop jeune pour les vieux

Cette nouvelle édition 2014 est assez particulière. PES revient en force avec de nouvelles armes pour affronter le Goliath américain. Cette arme, c’est le Fox Engine. Fox, en référence à Fox Hound bien sûr, puisque tout spécialement développé pour le très prometteur 5eme opus de la série des Metal Gear Solid. Les images et vidéo de ce dernier tutoyant le photoréalisme, nous ne pouvions qu’être surexcités à l’idée de voir un jeu de foot du même calibre graphique. C’était oublier que les machines actuelles soufraient de certaines limitations techniques totalement logiques après 7 ans d’existences. PES 2014 est beau, c’est incontestable, mais nos PS360 ne suivent tout simplement pas ce que le jeu veut proposer à l’écran, du moins sur c’est le constat que l’on peut se faire sur la démo.

Dès que le jeu tente du gros plan en affichant plusieurs joueurs à la fois, l’animation s’écroule lamentablement. Afin de rendre le tout quand même jouable, les développeurs ont du faire de nombreuses concessions. En jeu, c’est bien heureusement très fluide, assez propre et même plutôt joli mais on ne voit que peu de différence par rapport aux anciens opus. Pour capter l’influence Fox Engine, il faut se rapprocher de la tronche des joueurs, souvent très biens modélisés. Mais là, comme prévu, ça saccade, ça rame dans tous les sens, la console hurle à l’agonie et qu’il ne faut pas lui faire faire des trucs comme ça parce que définitivement, c’est plus de son âge.

Aussi beau en jeu qu'en vrai

 

PES 2015 : le régicide

Ça c’est pour l’aspect visuel, pas forcément ce qu’il y a de plus important dans un jeu de sport. Car le vrai changement pour PES, c’est manette en main qu’on le ressent. Le jeu de Konami n’a jamais donné autant dans la simulation qu’aujourd’hui. Le jeu est posé, voir même carrément lent par rapport à ce à quoi nous habitué la série depuis ses débuts. Peut-être même un peu trop. L’inertie des joueurs est exagérée, se retourner sans se faire prendre la balle est un quasi-exploit réservé aux plus agiles du stick. Les frappes sont molles, flottantes et franchement peu convaincantes. C’est peut-être la plus grosse déception de ce PES nouveau. Car s’il y a bien un domaine où la série de Konami a toujours eu une longueur d’avance par rapport à FIFA c’est bien dans les frappes et la physique de la balle en général. On a ici l’impression de retourner sur un FIFA 08, qui même s’il offrait un gameplay richissime (pour l’époque) était aussi un monument de lenteur et de frappe de défenseur de lanterne rouge de Ligue 2.

Les collisions posent aussi un certain problème. Bonjour les joueurs qui tombent une demi-seconde après le tacle de l’adversaire, les chutes inexplicables, les chocs entre les joueurs qui se terminent en foutoirs total, bref le moteur physique se demande encore comment faire pour gérer tous ces petits bonhommes en même temps. Problème encore plus rageant lorsque cela nous fait foirer une action ou prendre un pion. Il y a quand même du vrai mieux dans cet opus 2014. La construction des actions commence à ressembler à quelque chose de crédible. On peut déjà oublier les passes qui traversent 2 lignes défensives pour arriver comme par miracle dans le pied de l’attaquant. Gagner la bataille du milieu de terrain n’a jamais paru aussi important. On se surprend donc à prendre beaucoup de plaisir à construire patiemment ses actions grâce à un système de passe bien géré. Le Fox Engine apporte aussi un vrai plus au niveau des animations. Les épaules contre épaules n’ont jamais paru aussi réalistes dans un jeu de foot et l’ensemble se déplace de manière assez naturelle.

Quelle conclusion tirer alors de cette première approche de PES 2014 ? Il y a du mieux, c’est indiscutable mais on a surtout l’impression d’être en présence d’un épisode de transition. La simulation de Konami n’a jamais semblé aussi proche de la référence du genre. Pourtant le chemin est encore assez long. Le Fox Engine ne pourra montrer ses réelles capacités que sur la nouvelle génération de machine. On se plait alors à déjà imaginer un PES 2015 sur PS4 et Xbox One. Car si les développeurs de KCET savent tirer de ce moteur graphique la même chose que ce dont sont capables l’équipe de Kojima pour Metal Gear Solid 5, si l’ensemble reprend un peu de vigueur et que les quelques imprécisions de gameplay sont corrigées pour le prochain opus, on pourrait bien assister à un régicide en règle et l’avènement d’un nouveau seigneur sur le trône des jeux de foot.

 

FIFA 13 et demi

En attendant, le Roi semble bien parti pour régner encore une année supplémentaire sans trop s’inquiéter de la rébellion fomenté par l’ennemi historique. Mais EA Sports ne s’est pas accordé une année sabbatique malgré l’avance considérable acquise avec l’excellent cru 2013. FIFA 14 ramène dans sa besace quelques nouveautés plus ou moins intéressantes. Et ça commence bien avant le lancement d’une partie. Les développeurs semblent avoir enfin compris les concepts d’accessibilité et d’intuitivité. Car, et c’est un miracle tant cela était inespéré, les menus sont utilisables plus d’une dizaine de minutes sans que les premiers signes de dépression nerveuse se signalent chez le joueur. Reste à espérer qu’il faudra un peu moins d’un quart d’heure pour lancer une partie dans la version finale.

Lorsqu’on commence son premier match à FIFA 14, on est frappés tout de suite par une chose : on pourrait foutre le même match sur le 13 sur un écran à côté, impossible de dire visuellement quel est l’opus le plus récent. Comme on pouvait l’imaginer, il n’y a pas d’évolution graphique contrairement à PES. Sur ce point, le jeu d’EA Sports prend un petit coup dans l’aile tant la concurrence a fait un bond en avant concernant la modélisation des joueurs. Pour cela il faudra attendre les versions PS4 et Xbox One qui sortiront en même temps que ces machines en novembre prochain. Mais attardons-nous plutôt sur le gameplay, seule chose qui soit vraiment intéressante de juger dans une démo. A ce niveau-là, affirmer qu’il n’y a que très peu de changement par rapport au 13 serait mentir. FIFA continue son exploration dans les méandres de la simulation toujours plus poussée. Les sensations ne sont plus les mêmes. Le jeu a pris du poids, les joueurs sont beaucoup moins rapides, il est plus difficile de se retourner et de faire des crochets mortels comme on s’amusait à enchainer jadis. Les contrôles, qui avaient déjà connu un profond remaniement dans le 13, sont encore plus difficiles à gérer. Il n’est pas rare de perdre connement la balle car on est arrivé beaucoup trop rapidement sur celle-ci avec notre joueur, qu’il n’arrive pas à freiner avec ses petites pattes et qu’il dépasse le ballon de 3 mètres comme un débile, et que le temps qu’il se retourne avec sa nouvelle physique de simulateur de routier, l’adversaire lui a déjà pris le gonfle et l’a dégagé à 30 mètres.

Vous l’aurez compris, il est assez difficile de prendre du plaisir dès les premières minutes de jeu. Pour la petite histoire, le nullos qui tape ces lignes a mit juste trois matchs avant de réussir à frapper, quatre pour planter un pion, six pour en mettre un qui ressemble à peu près à du vrai football. Dit comme ça, FIFA 14 ne donne pas franchement envie. D’autant que FIFA 13 avait réussi à concilier quasi-parfaitement le plaisir pur de jeu à l’aspect simulation si cher à la série depuis quelques années. C’est assez logique, plus on s’approche de la perfection, plus il est dur de s’améliorer. La réelle nouveauté qui paraisse valoir vraiment le coup d’œil se trouve au niveau des frappes. Durant les phases de preview, EA Sports se plaisait à appuyer particulièrement sur ce point et à le présenter comme LA vraie innovation de ce FIFA 14.  Entre nous, l’édition 2013 avait déjà connu de profonds changements à ce niveau et n’était pas loin d’être tout à fait satisfaisant. Cela-dit  les frappes dans FIFA 14 sont effectivement très bien faites et la physique de la balle n’a jamais atteint un tel niveau de réalisme. Mais le reste du gameplay a tellement pris de l’embonpoint que le jeu en devient tout simplement moins amusant. Ce qui est un comble pour un jeu vidéo.

Les footix seront contents, FIFA 14 réintègre enfin le Camp Nou.
Les footix seront contents, FIFA 14 réintègre enfin le Camp Nou.

 

Avant de conclure, il faut rappeler que ces ressentis ont été écris à partir des démos des deux jeux. Si elles sont souvent très proches de ce que l’on retrouvera une fois le disque inséré dans la console, elles ne permettent pas de juger le contenu général du jeu. D’ailleurs à ce niveau-là, le jeu américain apportera de nombreux changements ainsi qu’un mode carrière totalement refondu. De quoi peut-être donner un réel intérêt à l’achat de cette nouvelle édition. Mais dans l’état actuel des choses, les quelques nouveautés de gameplay et les réajustements ne justifieront pas pour tout le monde l’investissement de 70 euros. Car on sent bien que les deux séries arrivent à la fin de la route sur cette génération de console. FIFA 14 fera même partie du line-up de lancement de la prochaine génération. EA Sports promets d’ailleurs une expérience totalement différente grâce à son nouveau moteur de jeu. PES a déjà tenté de l’étrenner sur PS3 et 360 avec plus ou moins de réussite. En l’état actuel des choses, le roi plafonne quelque peu et n’arrive guère à vraiment s’améliorer après 7 années de domination sans partage. Le jeu de Konami connait de profondes transformations qui vont toutes dans le bon sens mais ne peut pas encore s’imposer comme la nouvelle référence du genre, la faute à quelques imprécisions vraiment gênantes. Dans les deux cas, les promesses faites pour l’avenir de la simulation de foot sont assez excitantes. Peut-être que pour la première fois depuis plus de 15 ans, nous pourrions voir deux jeux de foot d’un niveau vraiment équivalent s’affronter sur PS4 et Xbox One. Et chez les footix, Dieu sait qu’on les aime bien ces Clasicos.

 

Cyril MORACHIOLI
@_Cym_

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