Good morning Belgique

La Belgique est un outsider sérieux pour la Coupe du Monde 2014 tant elle a progressé

En battant la Croatie vendredi soir, la Belgique a composté son billet pour la Coupe du Monde. Conduite par un excellent Marc Wilmots, notre voisine peut clairement devenir l’équipe surprise de l’été prochain. Comment une sélection qui se morfondait il y a deux ans de ça est-elle devenue l’une des toutes meilleures du monde ? Les Belges ont tout simplement envahi l’Angleterre et la prestigieuse Premier League.

 

Marc Wilmots, le bon professeur

De Marc Wilmots on connaissait son numéro 29 floqué sur le maillot des Girondins de Bordeaux lors de la saison 2000/2001 et son but victorieux contre les Bleus en 2002 au Stade de France, lors d’un match de préparation pour le Mondial. Ce qu’on sait un peu moins c’est qu’il a été l’un des premiers Belges à réussir hors de ses frontières notamment et surtout à Schalke 04 (désolé Eric Deflandre) et qu’il a été également un homme politique plutôt populaire à la fin de sa carrière professionnelle. Sénateur du Mouvement Réformateur Belge, il abandonnera cependant vite ses fonctions pour revenir au plus près du terrain. Avant de connaître les joies d’une qualification en Coupe du Monde, Wilmots dirige tour à tour entre 2003 et 2005, Schalke 04 et Saint-Trond. Bilan, seulement 28 matchs et un licenciement.

Après ces deux mauvaises et courtes expériences, Wilmots disparaît un peu du paysage et du foot Belge. Il reviendra en 2009 par la petite porte en enchaînant deux mandats successifs comme entraîneur adjoint de la sélection A aux côtés d’Advocaat et Leekens. Proche des joueurs, apprécié du public il est nommé sélectionneur par intérim en mai 2012 après le départ de Georges Leekens. Il n’a pas quitté le banc des Diables Rouges depuis.

Expérimenté et malin, le professeur Wilmots mettra fin à la récréation en sélection. Pas présents aux Coupe du Monde 2006 et 2010 ni à l’Euro 2012, il était temps pour lui de réparer ces anomalies. A la tête d’une des meilleures générations de l’histoire du football Belge, Wilmots a su apporter la touche de professionnalisme qu’il manquait tant au niveau du staff qu’aux joueurs. En bon homme politique qu’il est, il a tout fait pour créer un sentiment d’union nationale dans un pays possédant trois langues officielles et où Flamands et Wallons ne sont pas les meilleurs amis du monde. En faisant appel à une société spécialisée dans le marketing sportif, il a fait participer les joueurs à beaucoup d’opérations mêlant football, réseaux sociaux et peuple. Mais cette bonne recette du professeur Wilmots n’aurait jamais pu prendre sans l’apparition et l’émancipation d’un noyau de joueurs qui marchent pour la plupart et depuis quelques saisons sur la Premier League.

 

Des Diables Rouges devenus Red Devils

Il suffit de jeter un coup d’oeil à la liste des joueurs sélectionnés pour se rendre compte de l’arme que possède Wilmots entre ses mains. Si Witsel (Zénit), Mertens (Naples), Defour (FC Porto), Courtois et Alderweireld (Atlético Madrid) font régulièrement partie des titulaires, la plupart des cadres évoluent en Premier League et pas à Norwich ou Crystal Palace qu’on se le dise. Mignolet est titulaire à Liverpool, Kompany est capitaine de Manchester City, Vermaelen a la confiance de Wenger à Arsenal et ce n’est pas tout, Vertonghen, Chadli et Dembélé régalent à Tottenham, Hazard, De Bruyne font partie des meilleurs joueurs de Chelsea, quant à Mirallas, Benteke et Lukaku ils font régulièrement partie de la colonne « scorers » le week-end avec Everton et Aston Villa.

« On est mature, tout le monde joue en Angleterre et ça nous permet de viser haut » déclarait il y a peu Marouane Fellaini, le nouveau joyau de Manchester United. Il a raison, en faisant partie des meilleurs clubs Européens, les petits Belges prometteurs sont devenus des top players cruels dans un championnat où seule l’Espagne place plus de représentants, c’est dire… Alors que chez les Bleus on s’invente des automatismes entre les joueurs de Newcastle, qui joue le maintien depuis plus d’une saison, chez nos voisins Belges la mayonnaise semble avoir enfin pris, au sein d’une équipe où il ne suffit pas d’un reportage Téléfoot pour nous faire croire qu’ils sont tous potes en dehors du terrain.

Le « saut qualitatif » des Diables Rouges ressemble fortement au modèle Français du début des années 2000 quand les Bleus étaient tous marqués de l’empreinte du meilleur championnat de l’époque, la Série A. Le héros de la nuit dernière, Romelu Lukaku (qui se prononce Loukakou, n’est-ce pas Clio Pacjzer) 20 ans, auteur d’un doublé et qui appartient à Chelsea, a refusé d’être prêté dans un autre championnat que la Premier League. Depuis, il enchaîne les matchs de fou avec Everton. Alors même si l’effectif est plutôt jeune, l’expérience ne manque pas puisque la plupart des joueurs fréquentaient la sélection alors qu’il n’étaient pas encore ou à peine majeurs. Notons la présence de la dernière sensation Belge, le buteur du PSV, Zakaria Bakkali âgé d’à peine 17 ans et ajoutez à cela quelques briscards comme Van Buyten ou Simons, vous obtenez une équipe sérieuse, joueuse et qui pourrait bien faire du mal sur les pelouses Brésiliennes. Il faudra s’y faire, la Belgique a fait son entrée dans la cour des grands et depuis ce matin vous dit good morning.

 

Elias TOUMI
@Sir_Elias_

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