Hernandez, Super Sub 2.0

Javier Hernandez a parfaitement pris la suite de Solskjaer dans le rôle du Super Sub

Cette semaine nous fêtons la première année d’existence du site Les Remplaçants. A l’occasion nous vous offrons une série de portraits de joueurs qui comme nous s’accommodent très bien de ce rôle ingrat. Poser ses fesses au bord du terrain, regarder les autres jouer, les critiquer et mettre l’ambiance une fois dans le game c’est ça le football. Pour ce premier portrait, qui de mieux que Javier Hernandez le petit Mexicain de United qui incarne le statut de remplaçant à merveille. 

Javier Hernandez est considéré aujourd’hui comme le dernier né d’une lignée racée d’attaquants redoutables et décisifs dès qu’ils lèvent leurs fesses du banc : les Super Subs.

Le premier joueur à être considéré comme « Super Sub » dans l’histoire du football c’est le Norvégien, Ole Gunnar Solksjaer et malin clin d’œil de l’histoire, il s’est révélé comme Hernandez sous les ordres de Sir Alex Ferguson à Manchester United. Grands artisans du fameux Fergie Time, tout semble pourtant les opposer, l’un vient tout droit d’Amérique Latine, l’autre de Scandinavie et pourtant ils ont le même visage poupin innocent et le même instinct de tueur face au but. A 25 ans, Javier Hernandez dit « Chicharito » a déjà une belle carrière et un beau palmarès derrière lui. Double champion d’Angleterre et un Gold Cup notamment jalonnent sa fiche Wikipédia, en plus d’une centaine de buts en club et une trentaine avec la Tricolor. Solide, pourtant de Chivas à United il n’a été titulaire en moyenne qu’une fois sur deux. Loin de le miner, cette situation semble lui convenir à merveille et qu’importe son temps de jeu il trouvera toujours le moyen de planter au moins 20 pions par saison.

 

Un corps de lâche et des stats de fou furieux

Pour percer sur le front d’une écurie de Premier League au vu de ces dernières années, il vaut mieux posséder des qualités physiques naturelles développées ou un talent de malade. A première vue, Chicharito semble s’être perdu dans ce championnat comme un enfant sans ses parents dans une grande surface. Pourtant, l’Aztèque n’a rien à envier aux autres, au contraire. C’est bien simple, une fois dans le surface de réparation, tous les ballons sont inexplicablement attirés par lui, ses pieds, sa tête, ses genoux… Avec sa science du placement extraordinaire et son sens du but aiguisé il ne lui suffit que de quelques minutes et d’une demie occasion pour les transformer en but. Et des buts il en a inscrit en trois ans de jeu à Manchester, 50 pour être exact en seulement 71 titularisations pour 51 entrées en jeu, soit un pion toutes les 133 minutes. Si pendant un temps quelques voix se sont élevées pour le réclamer comme titulaire, poste qu’il occupe en équipe nationale, il n’a jamais mieux réussi en club qu’en sortant du banc. Coincé entre Rooney et Van Persie, il ne s’est jamais plaint et s’est toujours armé d’une conscience professionnelle à toute épreuve, le lot des Super Subs.

 

On continue comme ça ?

Supporter le fait d’être remplaçant ça se joue bien souvent dans la tête. De plus en plus de joueurs n’arrivent pas à s’accommoder à cette situation et ça se finit bien souvent mal avec leur club. Combien de starlettes ont fait des caprices de jeunes adolescente quand leur coach les laissait sur le banc ? Combien de divas n’ont pas accepté cette situation au point de quitter leur club qui fait si mal à leur égo ? Si Chicharito enfermé dans ce rôle n’a jamais ouvert sa bouche, comme Solskjaer en son temps d’ailleurs, il faudrait peut-être aussi chercher du côté de Ferguson. Indéniablement, le boss Écossais devait y être pour beaucoup en réussissant à canaliser avec brio ses joueurs. Mais Sir Alex a décidé de prendre sa retraite et c’est maintenant à David Moyes le nouveau chef des Red Devils de gérer Hernandez. A court terme, il ne devrait pas y avoir de problèmes mais d’ici quelques mois la situation s’annonce passionnante à suivre.

 

Chicharito est aujourd’hui le dernier échantillon hybride de renard des surfaces et joker de luxe, un peu comme si des scientifiques découvraient dans les plaines du Serengeti, un rhinocéros tacheté à trois cornes en pleine santé. Paradoxalement et cruellement, on le préfère remplaçant et on imagine mal Chicharito réclamer un départ, lui qui a toujours placé son club au dessus de sa propre personne. Mais nul doute que si une belle offre venue d’Italie ou d’Espagne (des championnats taillés pour le Mexicain) arrive avec des perspectives de titularisations elle le fera forcément réfléchir. Et on perdrait alors le dernier spécimen d’une espèce rare en voie d’extinction, un remplaçant, un vrai.

 

Elias TOUMI
@Sir_Elias_

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