Il répondait au nom de Cabella

Rémy Cabella leader offensif de Montpellier

Alors que Montpellier a vraisemblablement assuré son maintien en Ligue 1, les points positifs à l’heure de dresser un bilan de la saison héraultaise se comptent sur les doigts d’une seule main. Avec 14 buts et 5 passes décisives en 35 rencontres de championnat cette saison, Rémy Cabella fait partie de ces rares satisfactions et réalise à coup sûr sa meilleure saison en professionnel. Portrait d’un petit bonhomme venu de Corse bien parti pour devenir un tout grand.

U mondu hè fattu à scala A chi codda e à chi fala. Seuls les initiés à la belle langue corse comprendront sans la traduction cette maxime venue de l’Ile de Beauté. Signifiant que la vie est comme une échelle: les uns montent, les autres descendent. Un proverbe dont Rémy Cabella a choisi d’appliquer la première partie avec brio. À aujourd’hui 24 ans et avec déjà 112 matchs de Ligue 1 au compteur, le Montpelliérain au jeu aussi fantasque que ses nombreuses et variées crêtes peroxydées illumine cette saison les pelouses de Ligue 1, se révélant comme l’une des seules éclaircies d’une saison héraultaise ratée.

Débutée avec la nomination en début de saison de Jean Fernandez en tant que nouvel entraîneur du club, le chapitre 2013/2014 du club montpelliérain semblait pourtant rimer avec démarrage d’un nouveau cycle. Mais un bilan famélique (9 nuls, 6 défaites et seulement 2 succès) ont poussé le MHSC à se séparer de Fernandez. Pour rappeler son pompier de service, son sauveur de toujours: j’ai nommé Rolland Courbis. Et si la formation héraultaise s’est depuis sortie d’affaire et devrait, selon toute vraisemblance, évoluer en Ligue 1 la saison prochaine, les raisons de se satisfaire sont peu nombreuses. Seuls Benjamin Stambouli (promu capitaine) et donc Rémy Cabella, deux des derniers représentants de la génération 90 ayant remporté la Coupe Gambardella en 2009 (avec Abdelhamid El Kaoutari et Jonas Martin), ont su tirer leur épingle du jeu.

Rémy Cabella
Rémy Cabella explose cette saison avec 14 buts et 5 passes décisives en 35 matchs de championnat. Pour un total en Ligue 1 de 27 buts en 112 rencontres disputées.

Une pépite façonnée à la sauce Grammont

Fils d’un père italien et d’une mère corse, Rémy Cabella est le troisième d’une fraterie de quatre enfants et grandit dans le quartier des Hauts de Bodiccione à Ajaccio. Il débute le foot à l’âge de trois ans à l’AC Ajaccio avant de passer par le Gazélec puis de poursuivre du côté de l’AFA FA, avant de revenir au Gazélec jusqu’en 14 ans Fédéraux. C’est en 2004 que le MHSC enrôle le jeune corse qui va dès lors faire toutes ses classes au sein du centre de formation montpelliérain: 14 ans Fédéraux, 15 ans Ligue, 16 ans Nationaux puis 18 ans Nationaux. Avec donc comme premier point d’orgue de sa formation la victoire en Gambardella, avec un but en finale dont le portier nantais Erwin Zelazny doit encore se souvenir. Cabella intègre ensuite petit à petit l’effectif de la CFA (24 matchs, 9 buts) et signe son premier contrat pro en juillet 2009.

Deux graves blessures viendront retarder l’éclosion du prodige qui joue son premier match en professionnel le 4 décembre 2010 sous le maillot de l’AC Arles-Avignon, où le joueur est prêté pendant l’exercice 2010-2011 (3 buts en 17 matchs). Un parcours jusque là chaotique qui va alors forger le caractère de celui qui réalisera par la suite de deux belles saisons: celle de l’année du titre de champion de France de Montpellier (2012) où il inscrira 6 buts en 34 matchs disputés toutes compétitions confondus, et la suivante durant laquelle le MHSC découvrira la Ligue des Champions (8 buts en 41 matchs).

Cabella bleu
En 17 sélections avec les Espoirs, Rémy Cabella a inscrit 4 buts. Une tunique bleue qu’il pourrait revêtir de nouveau en juin prochain.

Le Brésil comme destination d’été ?

Mais c’est bel et bien cette année que Rémy Cabella explose au premier plan, séduisant du même coup les grands clubs européens. Newcastle, Manchester United, Arsenal… la Premier League lui fait les yeux doux. Mais c’est le Calcio qui reste un championnat spécial pour l’international espoir français (17 sélections, 4 buts). « Mon père et mon frère ont un club de cœur : la Juventus. Lorsqu’il y avait la Ligue des champions à la télé, on était obligés de regarder la Juve. Ça me faisait rêver de connaître ce niveau-là » explique le milieu offensif reconverti cette saison attaquant axial avec succès. Cabella bénéficie d’ailleurs d’un bon de sortie accordé par Loulou Nicollin pour la fin de saison. Pas une fin en soi selon lui. « C’est du 50-50. je veux aller dans un club où je me sentirai bien, où on me donne du temps de jeu, où je pourrai m’épanouir. Je ne veux pas partir dans un club seulement parce que j’ai un bon de sortie. Si le club qui me veut se met d’accord avec Montpellier et que je suis intéressé, je partirai » explique t-il tout en n’excluant pas de rester dans l’Hérault pour une saison supplémentaire.

Reste que le natif d’Ajaccio pourrait, à l’issue d’un exercice 2013/2014 abouti sur le plan individuel, se voir proposer un dernier challenge. Celui de disputer la prochaine Coupe du Monde avec l’Équipe de France. Si le principal intéressé reconnaît y penser et qu’« il y a peut-être un petit espoir », les chiffres parlent en tout cas pour lui et une convocation, au moins sur la liste des 30 dévoilée le 13 mai prochain, n’aurait rien de scandaleux. Un autre proverbe corse prendrait alors tout son sens: Cambia di celu, cambierai di stella (Change de ciel, tu changeras d’étoile). Comme pour signifier que cette saison, Rémy Cabella prend véritablement une nouvelle dimension.

 

Julien COLLOMB
@JujuCollomb

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