Jonathan Soriano, buteur anonyme

Jonathan Soriano un des meilleurs buteurs Européens

Avec trente sept buts en 2013, Jonathan Soriano occupe la quatrième place du classement mondial des buteurs. L’attaquant des Red Bull Salzburg devance ainsi Edinson Cavani, Luis Suarez, Robin Van Persie ou encore Robert Lewandowski. Et pourtant, personne ne le connaît… Portrait d’un expatrié du Barça devenu une star au pays de Mozart.

 

Il est l’inconnu de ce classement. Jonathan Soriano, l’attaquant des Red Bull Salzburg, est le quatrième meilleur buteur mondial en 2013 avec 37 buts, derrière les inévitables Cristiano Ronaldo (67), Lionel Messi (45) et Zlatan Ibrahimovic (41). Cette saison, l’Espagnol en est déjà à 23 réalisations en 21 apparitions. Pourtant, rares sont ceux qui connaissent son nom. Le Catalan évolue dans un championnat peu médiatisé où le niveau laisse à désirer. En témoignent les dernières performances européennes des clubs autrichiens en Champion’s League, où seul l’Austria Vienne a réussi cette saison à se qualifier pour les phases de groupes sur les trois dernières années. Les plus sceptiques diront que c’est certainement la raison qui explique le nombre de buts inscrits par l’attaquant des Red Bulls : face à des défenses perméables, il est plus facile de trouver le chemin des filets. Certes. Mais Jonathan Soriano plante aussi en Europa League : déjà huit buts en sept matchs pour lui cette année. Une performance qui permet à son équipe d’être déjà qualifiée pour les seizièmes de finale de la compétition.

 

Un début de carrière cauchemardesque, puis une saison parfaite

Mais qui est vraiment Jonathan Soriano ? Agé aujourd’hui de 28 ans, le Catalan a fait ses gammes sous les couleurs de l’Espanyol Barcelone. Lancé en pro à 18 ans, il ne parvient pas à confirmer les promesses qu’on lui prête. Doué techniquement et élégant dans ses gestes, Soriano rencontre deux difficultés: des blessures récurrentes au genou qui l’empêchent d’enchaîner les matchs et un faible ratio de buts lorsqu’il joue… Lors de la saison 2007-2008, alors qu’il est régulièrement présent sur le terrain (27 matchs), le Catalan n’inscrit que trois pauvres petits buts. La série continue lorsque deux ans plus tard, il est transféré gratuitement à Albacete. Soriano ne parvient pas à vaincre ses démons et ne trouve qu’une fois le chemin des filets en neuf apparitions. Surcoté ? Trop fragile ? Les critiques fusent autour de l’attaquant qui affiche des statistiques trop faibles pour son poste.

Jonathan Soriano

Soriano buteur star et capitaine Barça… B.

C’est alors qu’une belle opportunité s’offre à lui à l’été 2009. La réserve du FC Barcelone, qui évolue alors en troisième division espagnole, est à la recherche d’un buteur pour jouer la montée. Jonathan Soriano rejoint les rangs du Barça, l’ennemi de son club formateur. Lors de sa deuxième année avec le maillot Blaugrana, il trouve enfin le déclic. Lui qui n’avait marqué qu’à huit reprises en onze saisons, inscrit cette fois-ci trente-deux buts en trente-sept matchs. Une performance qui lui permet de remporter le trophée Zarra, qui récompense le meilleur buteur ibérique en Liga et Segunda Division.

 

Marseille et Saint-Etienne sur le coup

Alors qu’il retrouve enfin son niveau, Jonathan Soriano connait un nouveau couac. En juillet 2011, il est victime d’une rupture des ligaments croisés du genou. Une blessure qui compromet son avenir au FCB. Lors du mercato hivernal, il est sur le départ. L’OM et Saint-Etienne se positionnent pour le recruter. Mais c’est finalement les Autrichiens du Red Bull Salzburg qui l’arrachent pour un transfert de 900 000 euros. Champion avec son équipe à la fin de la saison, Jonathan Soriano n’a pourtant que le statut de joker pour son coach. Malgré 5 buts en quinze apparitions, il est le remplaçant de la paire Maierhoffer-Leonardo. Mais le départ de ce dernier durant l’été suivant permet à l’Espagnol de postuler à une place de titulaire. Mieux, il devient le tonton flingueur de l’équipe en compagnie de l’ancien messin Sadio Mané. A eux deux, ils inscrivent 48 des 101 buts de leur équipe sur la saison. Une statistique impressionnante qui ne permet pourtant pas aux « taureaux » d’être champions (L’Austria Vienne les devancera.)

On l’aura compris, Jonathan Soriano est capable du meilleur comme du pire. Sa carrière ressemble à des montagnes russes entre blessures, périodes creuses et réussites. Pourtant à son poste, seule la régularité compte. Le Catalan semble l’avoir enfin trouvé depuis quelques saisons. Et il ne serait pas étonnant, s’il continue ainsi, qu’il soit approché par des recruteurs d’un championnat plus relevé lors des prochaines périodes de transferts.

 

Nicolas DURDILLY
@NicolasDurdilly

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