Kiyan Prince au mauvais endroit au mauvais moment

Kiyan Prince jeune espoir de QPR décède sous les coups de couteau d'un membre de gang Londonien

Il y a 7 ans, Kiyan Prince l’un des plus grands espoirs du football Anglais succombait devant les grilles de son école poignardé par un membre du Somali Thug Family. Au printemps 2006 le nord de Londres traversait une période sombre et était le théâtre d’agressions mais aussi de meurtres sur fond de rivalités ethniques. Kiyan Prince lui, s’est juste trouvé au mauvais endroit au mauvais moment.

Kiyan Prince a vu le jour en 1990 à Londres dans le quartier pauvre de Tottenham avant de déménager cinq ans plus tard dans la banlieue cossue d’Edgware au nord-ouest de la capitale Anglaise. Après une enfance plutôt heureuse et calme, la lumière tombe sur Prince. A 15 ans au sein des équipes de jeunes des Queens Park Rangers il est annoncé comme l’un des plus grands espoirs de sa génération. Surnommé « The Bullet », détonnant mélange entre Shaun Wright-Phillips et Theo Walcott ce grand fan d’Arsenal était la fierté des Super Hoops. Il étudiait au sein de la London Academy où il avait un statut de petite star ce qui ne manquait pas d’attirer les convoitises et de susciter la jalousie…

GTA Somali

Destin contraire, Hannad Hasan jeune Somalien de 17 ans qui a fuit son pays déchiré par la guerre débarque en 2001 à Colindale au nord de Londres avec sa mère à la recherche d’une vie meilleure. Son père qui était petit seigneur de guerre en Afrique est en prison à Mogadiscio et Hannad bien qu’il n’aie jamais été un enfant-soldat a vu défiler devant ses yeux innocents de nombreux massacres sanglants.

Hannad Hasan

Le gars n’a pas l’air très sympa.

D’abord adolescent sage et posé, il s’est inéluctablement rapproché d’un gang de jeunes immigrés comme lui, le Somali Thug Fam’. Sur fond de drogue, prostitution et violences ethniques le « STG » rivalise sur le territoire de Grahame Park Estate avec les Screwfaces, une autre bande également dirigée par des Somaliens. A cette époque, le Nord de Londres est le théâtre de plusieurs événements malheureux. Pèle-mêle, une Somalienne accouche à 11 ans, un homme gît dans une mare de sang tué par ses frères et Sharon Beshenivsky une policière est abattue en pleine rue après un affrontement avec… le Somali Thug Fam’. 12 211 infractions au couteau dont 820 meurtres seront relevées en 2006 à Londres.
Ce gang violent dont les membres les plus jeunes atteignent à peine 14 ans traîne autour de la London Academy, recrutent de nouvelles forces et terrorisent les élèves. Hanad Hasan fréquentait le lycée d’où il s’est fait jeté après plusieurs problèmes avec le corps enseignant, dont le dernier en date où il aurait uriné devant un professeur.

 Il y avait environ sept membres de la Thug Fam qui étudiaient dans ce lycée . Il n’en reste que deux, les cinq autres sont en prison. La plupart des étudiants sont pétrifiés. Ils portent des armes, des couteaux en général, et sont très intimidants.

Malgré son renvoi, Hannad Hasan continue de se balader aux alentours du lycée et cherche clairement la merde. Il avait pour objectif de faire ses preuves pour être enfin un membre à part de la Thug Fam’. Son rite d’initiation est simple, il doit balafrer quelqu’un avec un couteau. Le 18 mai 2006, devant le lycée démarre alors une bagarre entre Hannad et un autre élève. Ce dernier est un ami de Kiyan Prince qui intervient pour séparer les deux jeunes hommes. Hasan s’en prend alors à Kiyan qu’il poignarde au bras, sur le ventre et dans le dos. Tombé au sol et gisant dans son sang, il aurait demandé à ses amis de ne pas le laisser tomber, ses derniers mots étaient pour sa mère « dites-lui que je l’aime ». Il décédera trois heures plus tard à l’hôpital et l’Angleterre perd un talent, mais pas que « C’était un bon garçon, une belle promesse il était intelligent, beau, avec un très bel avenir dans le foot et il va beaucoup nous manquer » déclarait Joe Gall, le responsable du centre formation de QPR.

Interpellé et interrogé par la police, Hannad Hasan déclare qu’il ne voulait pas tuer Prince en dépit de la jalousie qu’il lui portait. Depuis plusieurs mois il en voulait au jeune prodige et ne comprenait pas pourquoi un jeune de 15 ans était meilleur et plus populaire que lui qui en avait 17 et qui était un voyou. Quand à son couteau il se justifia « C’était comme un jouet que je portais ». Un jouet qui brise la vie et l’envol d’un sportif en devenir. La Somali Thug Family démantelée peu après n’aura plus causé le moindre problème par la suite, Londres par contre continuera de soigner ses maux en témoignent les émeutes de 2011.

Mark Prince

Mark Prince récompensé par le Ministère.

Kiyan Prince n’a pas été oublié par les Hoopers, le club dirigé par Tony Fernandes subventionne The Kiyan Prince Foundation, créée par le père de Kiyan, Mark Prince ancien boxeur qui charbonne pour aider les jeunes Londoniens désœuvrés comme Hasan. Enfin, chaque fin de saison le club Londonien récompense le plus beau but de l’exercice par un trophée « Kiyan Prince Goal of the Season ». En ce 18 mai 2013, la page d’accueil du site officiel des Rangers rend un hommage appuyé à son ex-espoir parti trop tôt.

Les cas de footballeurs qui terminent derrière les barreaux ou plongent du mauvais côté de la barrière sont légion, Soufiane Koné, Godwin Okpara ou encore Bruno Fernandes vous saluent bien bas. Comme dirait un certain Black Mesrimes « des histoires bêtes qui finissent souvent chez les keufs, beaucoup ont niqué leur carrière d’numéro 9 ». Loin de ça, Kiyan Prince qui n’avait rien demandé à personne repose lui au cimetière mais gambade au paradis.

 

Elias TOUMI
@Sir_Elias_

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