La deuxième carrière de Vonlanthen

Après avoir été un espoir mondial du football, Vonlanthen se relance à Zurich

Un an après avoir mis un terme à sa carrière pour des raisons religieuses, l’ex-enfant prodige du football Suisse est de retour cette saison à 27 ans sous les couleurs des Grashoppers de Zürich. S’il a déjà connu la gloire en 2004, aujourd’hui son seul objectif est de relancer une carrière à la dérive.

 

Johan Vonlanthen est né à Santa Marta, ville natale d’un certain Carlos Valderrama, en Colombie le 1er février 1986, d’un père suisse et d’une mère colombienne. Il rallie la Suisse à l’âge de 14 ans en s’installant avec ses parents en plein cœur du canton de Fribourg à Flamatt. Gros phénomène du football, le petit Vonlanthen est rapidement repéré par les Young Boys de Berne chez lesquels il débute en Super League (D1) alors qu’il vient à peine de souffler ses 16 bougies. A une époque pas si lointaine où Arsenal était sacré champion d’Angleterre où Claude Puel rejoignait Lille et Diego Forlan s’engageait à Manchester United, Johan Vonlanthen faisait partie de cette armée de grands espoirs du ballon rond au milieu des Sergio Ramos, Yohan Gourcuff, Cristiano Ronaldo, Podolski et autres Wayne Rooney.

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Espoir et désespoirs

Titulaire régulier chez les Jeunes Garçons de Berne, il tape dans l’oeil des gars du PSV Eindhoven en 2003. A 18 ans à peine il réalise une première saison très convaincante en Eredivisie en alternant titularisations et entrées en jeu réussies. Quelques mois plus tard il intègre la sélection Suisse pour l’Euro 2004 au Portugal. Et c’est au cours de cette compétition qu’il explosera à la face du monde entier en étant le plus jeune buteur de l’histoire du championnat d’Europe. Excusez-le du peu, il inscrira son but face à l’équipe de France des Zizou, Desailly et Barthez.

Johan Vonlanthen

De retour à Eindhoven auréolé d’un nouveau statut, le gamin ne perce pourtant pas. Des mauvaises performances et surtout une brouille avec le staff éloigneront le Suisse du onze de départ et le rapprocheront de la religion. Le jeune attaquant se plonge et se réfugie dans la Bible pour oublier sa situation aux Pays-Bas. Prêté à Brescia il se révélera incapable d’inscrire le moindre but en 9 apparitions. Le PSV l’enverra à nouveau en prêt la saison suivante du côté du NAC Breda où après une saison plutôt correcte (23 matchs 6 buts) il rate la Coupe du Monde 2006 à cause d’une vilaine blessure au genou.

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Mozart et samedi interdit

La page des Pays-Bas se tourne alors pour Vonlanthen qui s’exile pour l’Autriche et rejoint l’ambitieux club des Red Bull Salzbourg coaché par le mythique duo Trapattoni-Matthaus. Mais dans la ville natale de Mozart, Vonlanthen n’y arrive toujours pas. Considéré trop tôt à tort comme un buteur, il n’est finalement qu’un joueur de couloir qui aime la profondeur et qui se régale à dribbler… quand il joue. Parce qu’en vérité il ne s’imposera jamais en Autriche et au bout de trois saisons le voilà de retour en Suisse, en prêt, au FC Zürich.

6 ans après avoir quitté sa terre d’accueil, il flambe de nouveau en Super League en inscrivant 10 buts en 20 titularisations et participe même à la Ligue des Champions. Loin d’un renouveau, c’est plutôt un mauvais plan que nous a concocté Vonlanthen. De nouveau blessé au genou, il refuse de se soigner et révèle qu’il est membre de l’Eglise radicale des adventistes comme l’ancien gardien international Argentin Carlos Roa. Cette branche du christianisme considère le samedi comme le jour du repos et de l’adoration, pour Vonlanthen il est donc désormais impossible de pratiquer la moindre activité sportive ce jour là. Difficile alors de trouver un club qui veuille bien se plier à ces exigences. Après des mois plongé dans la théologie et à la recherche d’un club, il s’envole pour la Colombie son pays natal à la recherche de ses racines. Petit miracle il y trouve un club promu en 1ère division qui accepte ses conditions. En ralliant Itagüi Ditaires, il peut se consacrer à sa religion et continuer à jouer au football puisque la majorité des matchs se déroulent le mercredi et le dimanche. Pourtant une fois de plus Johan Vonlanthen n’y est pas. Blessé et refusant de se faire opérer il n’entrera jamais dans les plans du coach, quelques 168 minutes plus tard il résilie son contrat et annonce la fin de sa carrière professionnelle à 26 ans.

 

Nouveau départ pour une nouvelle vie ?

Alors qu’il avait enchanté le monde du football entre ses 16 ans et ses 18 ans, Vonlanthen est devenu au fil de sa carrière un joueur anonyme. Quand il a annoncé la fin de sa carrière en 2012, il est clairement devenu un inconnu. Et pourtant grosse surprise en cet été 2013 quand on voit réapparaître son nom dans la colonne des arrivées du club des Grashoppers de Zürich. Après quelques semaines d’entraînement avec Wehen, club de deuxième division Suisse, il s’est vu offrir un contrat d’une saison par le second du dernier exercice en Super League. Une opportunité immanquable pour l’international Suisse aux 40 sélections et un beau pari pour les Sauterelles. « Johan est un footballeur extraordinaire. Nous sommes convaincus qu’il aidera énormément notre équipe » déclarait le directeur sportif Dragan Rapic lors de la signature de l’ex-prodige.

Vonlanthen a avoué que « jouer le samedi soir ne lui posait aucun problème dorénavant » et se met même à rêver à nouveau de revêtir le maillot de la Nati. Hier soir Vonlanthen a foulé à nouveau une pelouse en Ligue des Champions face à Lyon, près de 4 ans après sa dernière apparition en compétition Européenne. Simple feu de paille ou renaissance ? Le temps nous le dira. Volonthen était programmé pour marquer l’histoire du football par ses buts et ses dribbles, il y laissera en effet une trace, celle d’un homme libre dont la seule religion serait finalement le football.

 

Elias TOUMI
@Sir_Elias_

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