Le Brésil maître de cérémonie

Le Brésil remporte la Coupe des Confédérations à domicile

La Coupe des Confédérations s’est achevée cette nuit par le sacre du Brésil qui a stoppé l’hégémonie Espagnole dans une ambiance de fou au Maracana. La petite soeur de la Coupe du Monde nous aura mis l’eau à la bouche en nous offrant un tournoi d’une qualité rare.

 

Peu avant 21 heures à Rio, 78 000 voix hurlent comme un seul homme l’Hino Nacional Brasileiro dans un Maracana acquis entièrement à la cause Auriverde. La caméra qui défile devant le 11 Brésilien montre des joueurs qui finissent l’hymne a capella en quasi transe. Une scène déjà historique qui n’est pas sans rappeler un Murrayfield entonnant Flower of Scotland ou Anfield chantant You’ll never walk alone. Même opposé à l’invincible Roja, le Brésil ne pouvait pas perdre, depuis le match d’ouverture contre le Japon, il n’a jamais cessé de monter en puissance. A un an de sa Coupe du Monde, les Brésiliens avec Neymar en tête a sûrement fait fermer un tas de bouches.

Peu médiatisée avant coup la Coupe des Confédérations arrivait en fin d’une saison où nos esprits étaient occupés par l’avènement de la machine Bayern, par la future destination d’Ancelotti et par l’arrivée imminente de Falcao à Monaco. Pourtant le tableau de la compétition avait quelque chose d’alléchant. Le Brésil, l’Italie, l’Espagne, le Mexique, l’Uruguay, le Japon, le Nigéria et la surprise Tahiti luttaient pendant deux semaines pour l’honneur d’un continent, pour la fierté de leur nation. Ajoutez à cela que le tournoi était diffusé en clair sur TMC, ce qui devient un fait de plus en plus rare pour le signaler, et vous obtenez un cocktail qui a de la gueule.

 

Tahiti, colliers de perles et buts en cascade

Après la phase de poules, un seul nom pend à la bouche du monde entier c’est celui de Neymar. Estampillé « joueur YouTube » la nouvelle merveille du FC Barcelone a répondu présent dès l’entame du tournoi avec trois buts en trois matchs. Deux reprises de volées et un coup franc dans la lunette de Gigi Buffon, ajoutez à cela des accélérations en pagaille et des dribbles fous. Intenable, il a parfaitement endossé le rôle de leader technique d’une Seleçao qui attendait ça depuis depuis des années. Dans son sillage d’autres joueurs Auriverde se sont révélés et affirmés comme le milieu des Corinthians Paulinho ou ce bon vieux Fred.

Hors de la planète Neymar on a eu le droit à un premier tour marqué par un nombre de buts record (58). Ca n’a pas pu vous échapper, mais la présence surprise de l’équipe de Tahiti y est pour beaucoup. Pour leur première participation à la Coupe des Confédérations après avoir enlevé la Coupe d’Océanie en juin 2012, les Toa Aito sont repartis avec 24 buts dans leurs valises. Avec un effectif composé pour la plupart de joueurs amateurs de l’AS Dragons, les Tahitiens emmenés par Marama Vahirua ont tout de même réussi l’exploit d’inscrire un but contre le Nigéria. Ils terminent leur tournoi fiers et ont représenté une petite bouffée de fraîcheur au milieu des grands de ce monde.

Tahiti - Merci Brésil

Avec son duo Kagawa-Honda, le Japon qui nourrissait certainement de plus grandes ambitions que sa 4ème place dans le groupe A a bien failli créer la surprise en tenant l’Italie à la gorge pendant une bonne partie de ce qui s’est avéré être l’un des matchs du tournoi, remporté finalement 4-3 par les Transalpins. D’ores et déjà qualifiés pour la Coupe du Monde, les Blue Samouraïs ont désormais une année entière pour apprendre à tenir un résultat.
 

Cavani et les autres

Le Nigéria, dernier champion d’Afrique, qui se pointait sans son buteur star Emenike n’a pas fait rêver. Après un premier match suffisant contre Tahiti, les Super Eagles d’Obi Mikel ont trébuché contre l’Uruguay (2-1) puis sombré contre l’Espagne (3-0). Certainement trop inexpérimentés, les jeunes Nigérians se sont découverts quelques belles pépites comme Ahmed Musa ou Sunday Mba. Au rayon des autres belles surprises il faut aller chercher du côté du Mexique, où les jeunes Aztèques n’ont pas démérité. Citons Diego Reyes, défenseur central intraitable de 20 ans qui vient de rejoindre Porto ou l’attaquant Raul Jimenez qui fait les beaux jours de l’America. Guidés par Javier Chicharito Hernandez auteur de 3 buts, les ouailles de De La Torre peuvent faire figure d’épouvantail dans un an sur les pelouses Brésiliennes. Autre équipe qui n’est pas passée inaperçue, l’Uruguay.
Portés par un Cavani monstrueux et un Luis Suarez toujours aussi roublard, les hommes de la Celeste ont lâché le morceau en demies-finales sous les coups de boutoir du Brésil. Hyperactifs, râleurs et rusés les Américains du Sud ont pu montrer aux yeux du monde que leur potentiel offensif est l’un des meilleurs de la planète football.

Enfin, du côté de l’Europe l’Italie a confirmé son bel Euro. Avant de céder contre l’Espagne aux tirs au buts, les hommes de Prandelli ont montré d’excellentes choses. Portés par une défense ultra solide et un milieu de terrain d’artistes, les Italiens se sont découvert des latéraux insupportables, Maggio qui a éteint Jordi Alba notamment et De Sciglio qui à 20 ans à peine s’est emparé du couloir gauche comme un certain Maldini en son temps. Autre satisfaction, le bon premier tour de Mario Balotelli qui semble s’être calmé, ses buts décisifs et sa non-réaction face aux provocations incessantes de David Luiz en témoigne. Notons également le bon tournoi du Laziale Antonio Candreva. Parlons maintenant des Espagnols. Giflés 3-0 par le Brésil en finale, les Ibères remettent les pieds sur terre. Si les plus pessimistes parlent déjà d’une fin de cycle, de notre côté on pense que cette défaite est plutôt positive pour l’Espagne qui prend ça comme d’un avertissement à la suffisance. Même si avant la finale, La Roja a dominé ses matchs comme d’habitude, n’oublions pas que les Xavi, Iniesta and co jouent plus de 60 matchs par saison depuis 4 ou 5 ans, fallait bien qu’à un moment ça paye. Notons également que la relève est assurée avec la génération 92 qui vient de tout balayer sur son passage au dernier Euro Espoirs avec Thiago Alcantara de folie.

Pour Sepp Blatter cette édition 2013 est « la meilleure Coupe des Confédérations de l’histoire ». D’habitude snobée par les sélectionneurs qui préfèrent en faire un laboratoire d’essai, comme Roger Lemerre en 2001 avec des joueurs comme Marlet, Gillet ou Née, il est vrai que cette année nous avons été gâtés. Les stars étaient au rendez-vous et le beau jeu a primé tout au long de ces deux semaines.
Seule ombre au tableau qu’il faudra vite gommer, ce sont les manifestations des Brésiliens en colère contre la hausse du prix des transports et la construction onéreuse des stades qui scandent depuis bientôt deux mois « Brésil réveille toi, un professeur vaut plus que Neymar ». Si cette Coupe des Confédération s’est déroulée sans accrocs au niveau de l’organisation, il ne faut pas que les politiques mettent en marge de la grande fête qui s’annonce le peuple pauvre Brésilien essence même du football dans ce pays où la majorité des grands joueurs sortent des favelas.

 

Elias TOUMI
@Sir_Elias_

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