Les ex-futurs meilleurs joueurs du monde

4 joueurs qui auraient du marcher sur la planète football mais qui ont échoué

En cette fin d’année civile à l’heure où Messi, Cristiano Ronaldo, Ibrahimovic et Ribéry se bagarrent pour savoir qui a la plus grosse, il n’y a pas meilleur timing pour vous dresser un petit portrait de quatre footballeurs qui étaient prédestinés très tôt à se couvrir d’or. Annoncés très (trop) vite comme les « futurs meilleurs joueurs du monde » aucun d’entre eux n’a jamais réussi à passer le cap de starlette à top player. Friables mentalement, fragiles physiquement ou en surrégime chez les jeunes, nombreuses sont les raisons qui peuvent expliquer leur envol raté. Vous auriez pu vous balader fièrement avec leur maillot sur le dos mais aujourd’hui vous les avez oublié ou vous ne les avez jamais connu.

 

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Nii Lamptey

Babangida

Denilson

La crise d'Adu

 

 

 
 

 

Nii Lamptey, le Roi déchu

Nii Lamptey
Nii Lamptey a 20 ans.

Nii Lamptey possède un point commun avec Saber Khalifa. Si l’actuel attaquant de l’OM a fuit la Lybie en 2011 dans le coffre d’une voiture, le Ghanéen a lui aussi utilisé ce moyen de transport pour sortir illégalement de son pays dans un taxi en direction du Nigéria en 1988. La comparaison s’arrête ici entre les deux hommes, puisqu’aux dernières nouvelles Khalifa n’a jamais été adoubé par le Roi Pelé lorsqu’il avait 15 ans, Nii Lamptey si.

Avec son prénom de console de jeu nouvelle génération, Lamptey a vu le jour en 1974 à Tema, grosse ville portuaire du Ghana. Jonglant avec les problèmes familiaux, son père est alcoolique violent tandis que sa mère se fout royalement de lui, le petit garçon trouve un exutoire dans le ballon rond. Après avoir usé ses semelles dans la rue, il évolue du côté des Young Corners quand il reçoit ses premières convocations internationales avec les jeunes Black Stars. Pendant l’été 1991 alors que toute la France se dandine sur Saga Africa, âgé de 15 ans Nii Lamptey participe à la Coupe du Monde U17 en Italie. Capitaine de son équipe, il va mettre le monde du football à ses pieds en quelques matchs et 4 buts plus tard. Il soulève le trophée après avoir battu les jeunes Espagnols en finale. Élu meilleur buteur et meilleur joueur du tournoi au nez et la barbe de mecs comme Veron, Guardiola, Gallardo ou Del Piero, le petit Lamptey est alors considéré comme le nouveau Pelé par Pelé lui même…

Forcément il attise l’intérêt de plusieurs clubs Européens, mais les autorités Ghanéennes confisquent son passeport pour le retenir au pays. Avec l’agent de Stephen Keshi, qui est la superstar Africaine de l’époque, il parvient à fuir son pays à l’arrière d’un taxi pour rejoindre le Nigéria puis la Belgique où il signe un contrat professionnel à Anderlecht. Ne sachant pas lire et livré à lui même il ne se rend pas compte qu’il s’est lié à un agent véreux, le fameux Antonio Calliendo. Le début de la fin pour la perle Ghanéenne qui va se faire trimbaler de club en club pour que Calliendo récupère les commissions. Malgré des prestations encourageantes avec le PSV ou avec Aston Villa, Lamptey n’a jamais explosé. Retraité international à 22 ans (38 sélections 8 buts) son parcours ressemble étrangement à celui d’un étudiant en Erasmus qui ne veut plus s’arrêter de voyager. Angleterre, Italie, Argentine, Turquie, Portugal, Allemagne, Chine, Arabie Saoudite jalonneront son parcours et marqueront autant d’échecs.

Nii Lamptey aura connu la gloire et la déchéance d’une carrière de footballeur professionnel avant même d’être majeur. Enfin presque puisque inévitablement circulent des doutes sur son âge comme Martins, Obgeche, Song ou West après lui. Peu épargné par la vie, il a perdu deux de ses enfants, Nii Lamptey est aujourd’hui un simple agriculteur dans une ferme au Ghana, loin de Pelé, loin du football.

 

 

Haruna Babangida, la chute libre

Haruna Babangida
Babangida regrette ses 15 ans.

Le saviez-vous Arsène et Bixente qu’en naissant dans la famille des Babangida, un jeune garçon aura 33% de chances de terminer footballeur professionnel. Une belle anecdote que notre cher Christian Jeanpierre aurait pris plaisir à raconter. C’est vrai que parmi les 9 garçons de la fratrie, Ibrahim, Tijani et Haruna ont fait du football leur métier. Et c’est ce petit dernier qui est présenté dès l’âge de 15 ans ni plus ni moins comme le futur meilleur joueur du monde.

Deux ans auparavant, Haruna a 13 ans et il évolue au Nigéria sous les couleurs des Shootings Stars. Son grand-frère Tijani de dix ans son aîné a déjà fait le grand saut en Europe plusieurs années auparavant et après avoir convaincu sous les couleurs de Roda JC et de Venlo il a pu rejoindre l’Ajax Amsterdam à l’été 1996. Il en profite pour souffler le nom de son petit frère aux dirigeants Ajacides qui tombent sous le charme de cet énorme potentiel et le font signer sans hésiter chez les jeunes du club. Au terme de sa première saison le petit Haruna (1m66) a inscrit une quinzaine de buts et la presse s’empare du phénomène pour l’ériger en futur superstar du ballon rond. Alerté par la comète, c’est le Barça qui vient frapper à la porte des Lanciers pour l’engager. En deux saisons avec l’équipe B des Blaugranas il affole les statistiques et les chiffres en inscrivant pas moins d’une soixantaine de buts mais en devenant également le plus jeune joueur de l’histoire du club à avoir une clause libératoire (5M€). Beaucoup d’observateurs s’accordent alors à dire qu’il est certainement le jeune joueur le plus talentueux du moment et quelques uns affirment même qu’il deviendra le meilleur joueur du monde dans les années à venir. Bien vu les gars.

Après ses débuts tonitruants, Babangida ne passera jamais le cap avec l’équipe première du Barça. Prêté successivement à Terrassa puis à Cadix le temps de l’efficacité est désormais loin derrière lui et ses prestations l’emmèneront loin d’Espagne vers des destinations peu glamour. Au Metallurg Donestk en Ukraine, puis à l’Olympiakos où il s’échoue avant de tenter de se relancer à Chypre, en Russie, en Allemagne ou en Autriche. Il retournera même sur la terre de ses premiers amours aux Pays-Bas sous le maillot du Vitesse Arnhem sans succès malheureusement. Actuellement âgé de 32 ans, Haruna Babangida est au chômage depuis son départ de Kapfenberger (2ème division Autrichienne) et ne relancera vraisemblablement jamais une carrière à l’arrêt depuis plus de 10 ans. Peu ou pas gêné par des problèmes physiques, son mental à lâché. Trop tôt starisé, il n’a jamais confirmé son énorme potentiel, au détriment des observateurs qui avaient vu en lui le futur meilleur joueur de l’histoire.

 

Denilson, dribbles tristes


Dans la catégorie des jeunes Brésiliens annoncés comme futurs cracks on appelle à la barre Mister Denilson de Oliveira Araùjo. On aurait pu choisir Robinho, Pato ou Adriano mais eux contrairement à Denilson n’ont jamais eu l’étiquette du joueur le plus cher du monde à une époque. Acheté 32M€ en 1998 par le Betis de Séville le virevoltant ailier n’a jamais confirmé les espoirs placés en lui. Pire encore il n’a même pas réussi à s’imposer à Bordeaux. Une carrière entre dribbles, Mondial et tour du monde.

Denilson est un Pauliste pur sang, né à Diadema et formé à São Paulo le gamin débute en équipe première à seulement 17 ans. Rapidement titulaire, il ambiance le côté gauche avec ses dribbles incessants et sa vitesse d’exécution. Révolutionnaire dans sa manière de penser le football style « Joga Bonito » c’est une version bêta de Lucas Moura. Et comme eux il garnit très tôt son palmarès avec le championnat Pauliste et la coupe CONMEBOL. Lancé à 19 ans en équipe nationale il côtoie la crème de la crème en s’entraînant avec Ronaldo, Rivaldo, Romario, Bebeto entres autres. Chez les Auriverde aussi son palmarès va vite s’épaissir (Copa America, Coupe des Confédérations) au point de devenir trop gros pour le championnat Brésilien. C’est au cours du fameux été 1998 qu’il va se présenter au football Européen comme étant le joueur le plus cher du monde. Recruté 32M€ par le Betis de Séville il est également le plus jeune joueur de l’effectif Brésilien au Mondial en France, ça vous classe le bonhomme. Après avoir atteint la finale et réalisé une compétition plutôt correcte où chacun de ses dribbles ont mis l’ambiance, on s’imagine que l’enfant de São Paulo va tout casser sur son passage avec le Betis. En fait, ce n’est que le début de la fin.

Pour sa première saison en Andalousie, Denilson joue beaucoup, mais joue mal. Avec seulement deux buts inscrits et une réputation à assumer le fantasque Brésilien n’y arrive pas. Très vite décrié et classé comme le flop le plus cher de l’histoire du football la saison suivante est cauchemardesque puisque le Betis est relégué en deuxième division. Censé marcher sur le monde, Denilson se voit mal lutter contre Sestao Sport ou la réserve de Real Madrid, il file pour quelques mois à Flamengo se refaire une petite santé avant de revenir en janvier pour la remontée du Betis en Liga. Aux côtés de Michel Pavon ou du prodige Joaquin il va effectuer quatre saisons totalement anodines en Liga. Seuls ses dribbles et ses facéties le sauvent et lui permettent d’embarquer en tant que remplaçant pour l’Asie avec sa sélection où il sera sacré champion du monde en 2002. Éclaircie au milieu d’une carrière morose, il quitte l’Espagne en 2005 pour la France et les Girondins de Bordeaux. Malgré une bonne saison la tentation de l’argent est plus forte et il ralliera l’Arabie Saoudite puis les Etats-Unis, le Brésil, le Vietnam et la Grèce. Il met un terme à son activité en 2010 avec un palmarès de patron mais avec une carrière au doux parfum de gâchis. Trop irrégulier, trop capricieux, trop vite adulé, Denilson aurait pu être la figure de proue de la génération 77, celle des Raùl, Henry, Trézéguet ou Ambrosini. Tant pis, il se contentera d’être le pionnier de ce qu’on appelle aujourd’hui « les joueurs YouTube ».

 

La crise d’Adu

Freddy Adu
La 51ème étoile des Etats-Unis.

L’exemple le plus récent de tromperie sur la marchandise est Américain. En novembre 2003, un jeune joueur de soccer signe son premier contrat professionnel. Jusque là rien d’étonnant, sauf que le petit gars est âgé d’à peine … 14 ans. Les médias hurlent au phénomène, les vidéos se multiplient et Nike entre dans la danse. Freddy Korateng Adu va devenir le meilleur joueur du monde. Comme Nii Lamptey, Adu est Ghanéen, comme Nii Lamptey il a vu le jour à Tema et comme Nii Lamptey Pelé lui même l’a adoubé. Quand on connaît la carrière du premier cité, on se demande comment le Roi n’a-t-il pas eu la puce à l’oreille ?

L’enfance de Freddy Adu est placée sur le signe heureux du hasard. Âgé de 8 ans il déménage aux Etats-Unis, dans le Maryland depuis le Ghana parce que sa mère a gagné à la loterie. Mordu de ballon de rond depuis qu’il sait marcher Adu intègre les fameuses équipes scolaires des écoles qu’il fréquente en étant régulièrement surclassé de plusieurs années. C’est ainsi qu’à 12 ans, avec l’équipe US du programme de développement Olympique il affronte les équipes de jeunes de la Lazio ou de la Juventus. Ses adversaires ont 14 ans et il leur marche dessus. Élu MVP, il fait désormais partie des joueurs surveillés par les équipes de la Vieille Europe qui n’ont pas l’habitude de lorgner autant au nord du continent Américain. Sa mère qui veut le protéger refuse toutes les offres qui se présentent à la famille Adu et son fiston rejoint l’IMG Academy (sorte d’INF Clairefontaine US). Couvé comme le sont les futures stars de la NBA, il ne mettra pas longtemps à attirer la lumière sur lui quand il est désigné choix N°1 de la draft en 2004.

Il rallie le club de DC United à Washington où il fera des débuts remarqués âgé d’à peine 14 ans. Nommé dans la catégorie du meilleur jeune de l’année par la FIFA à une époque où les grands espoirs du football mondial se nomment Van der Vaart, Rooney, Messi, Podolski ou Fabregas, rien que ça. En 2006 après quasiment 100 matchs en MLS, il a 17 ans et on pense qu’il va s’envoler avec les Etats-Unis en Allemagne pour la Coupe du Monde, d’autant plus qu’il a refusé les sollicitations du Ghana. Raté ! Bruce Arena le sélectionneur des Boys lui offre le premier couac de sa carrière, loin d’être le dernier.  L’Europe lui tend les bras après le mondial Allemand, mais il préfère rejoindre le Real Salt Lake pour une dernière saison de lancement en MLS. Malgré des statistiques en baisse, le Benfica n’hésitera pas à miser 1.5M€ sur le prodige en 2007. Alors que l’on attend tous l’explosion, Freddy Adu se fait manger sa place par un Argentin surdoué sur le flanc gauche de l’attaque des Aigles : Angel di Maria. La décision est prise alors par les Lisboètes, il faut prêter le soldat Adu. Le début d’une lente et longue descente dans le noir pour le petit Américain.

Prêté successivement entre 2008 et 2011 à Monaco, Belenenses, l’Aris Salonique et le Caykur Rizespor Freddy Adu ne fera jamais son trou et pire encore il n’a jamais joué plus de 10 matchs par saison. Retombé dans l’anonymat alors qu’il était censé devenir une superstar, Adu revient au pays en 2011 sous les couleurs de Philadelphie. Après deux saisons correctes, il est envoyé au Brésil en avril 2013 du côté de Bahia qui vient de le libérer de son contrat en novembre dernier. Chômeur du football à 24 ans, Freddy Adu n’a jamais pu devenir celui qu’il aurait du être. Présenté comme un symbole de l’émergence du football aux USA, il ne participera vraisemblablement pas à la sauterie mondiale au Brésil aux côtés des Messi, Fabregas et Rooney, vous savez ceux qu’il était censé écraser.

 

Auraient pu être cités : Cherno Samba, Ricardo Quaresma, Vincent Péricard et bien d’autres.

 

Elias TOUMI
@Sir_Elias_

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