Les incertitudes du onze bleu

L'équipe de France de football se présente avec des questions

Didier Deschamps reconduit les mêmes joueurs qu’il y a un mois pour les deux matchs contre l’Ukraine, à l’occasion des barrages de la Coupe du Monde 2014. Seul un revenant vient compléter cette liste : Rio Mavuba, convaincant depuis le début de saison avec Lille. Si le sélectionneur a déjà des certitudes sur l’équipe qu’il alignera à Kiev le 15 novembre prochain, il reste des postes où la concurrence est rude. Tour d’horizon des points chauds.

Bakary Sagna / Mathieu Debuchy

Qui pour le flanc droit de la défense tricolore? Blessé en octobre, Bakary Sagna a effectué un bon retour avec son équipe d’Arsenal. Emporté par la réussite du groupe londonien en ce début de saison, il a élevé son niveau de jeu. Avec 18 matchs et un but au compteur, il semble avoir la préférence de Didier Deschamps qui recherche une défense solide pour le déplacement à Kiev. Toutefois, les dernières apparitions de Sagna en bleu ne jouent pas en sa faveur. Approximations techniques, centres ratés, jeu prévisible : l’ancien Auxerrois n’est pas exempt de tout reproche. Des lacunes qui pourraient lui réserver une place sur le banc de touche…

De son côté, Mathieu Debuchy pourrait surfer sur ses dernières prestations du mois d’octobre en équipe de France. Auteur d’un très bon match contre l’Australie (qu’il avait ponctué d’un joli but), le latéral avait confirmé sa bonne forme quelques jours plus tard contre la Finlande. Son apport offensif dans le couloir droit est indéniable. Le problème, c’est que sa volonté de participer à l’attaque tricolore peut lui jouer des tours défensivement. Or la Dèche souhaite rentrer d’Ukraine sans avoir pris de but. Pas sûr donc que Debuchy ait l’ascendant sur son concurrent pour le match aller. D’autant qu’il connait des difficultés avec son club de Newcastle, seulement neuvième de Premiere League, et qui ne dispute pas la Ligue des Champions. La chance de Debuchy pourrait se situer sur le match retour. Si les Bleus reviennent d’Ukraine avec des buts à marquer, DD pourrait bien compter sur lui pour débouler dans le couloir. Mais on ne va pas souhaiter ce scénario…

Laurent Koscielny / Raphaël Varane

Si Eric Abidal fait l’unanimité à gauche dans la défense centrale, la situation est bien différente à sa droite. Même si Laurent Koscielny semble pour l’instant être préféré à Raphaël Varane qui revient tout juste de blessure, le Gunner a connu des mois d’août et de septembre assez compliqués. Responsable sur plusieurs buts encaissés avec Arsenal, l’ancien Lorientais a montré une fragilité défensive en concédant à plusieurs reprises des penalties. Certes, ses derniers matchs en club ont prouvé qu’il avait repris du galon, mais on ne peut s’empêcher de l’imaginer plier sous la pression d’un match de barrage pour la Coupe du Monde à l’extérieur.

Son concurrent, lui, paraît plus serein dans ces circonstances. A 20 ans, Raphaël Varane a déjà l’habitude d’évoluer sous les projecteurs avec le Real Madrid. Serein comme un vétéran, il manque toutefois de temps de jeu cette saison. Avec seulement trois matchs dans les jambes, difficile de le voir titulaire à Kiev surtout après son match contre la Juventus mardi dernier, où il est coupable sur les deux buts encaissés par les Merengue.
Ni Varane, ni Koscielny ne semble intouchable : une carence que va certainement utiliser l’Ukraine pour se qualifier.

Valbuena / Nasri

Les deux devraient être titulaires pour le match aller. Reste à savoir où ? En meneur de jeu, Mathieu Valbuena semble avoir l’avantage dans la tête du sélectionneur. Il faut dire que le Marseillais a prouvé durant ces dernières sorties qu’il avait le cran de tenir ce poste au combien important. Perdant rarement le ballon, il est capable de délivrer une passe décisive à tout moment, que ce soit dans le jeu ou sur coup de pied arrêté.

Toutefois, le bon retour de Samir Nasri a relancé le débat. Le Citizen a brillé sous le maillot Bleu lors des trois dernières rencontres (Biélorussie, Australie et Finlande) et postule à une place de titulaire en numéro 10. Néanmoins, Didier Deschamps devrait lui attribuer le couloir droit. Capable d’éliminer et d’accélérer fort sur 10 mètres, Nasri pourrait être utile sur le côté pour délivrer des centres à Giroud. Le souci, c’est qu’il reste très attiré par l’axe et qu’il dézone du coup son couloir. A lui de trouver le juste milieu, s’il veut enfin jouer une Coupe du Monde.

 

L’homme sous pression : Patrice Evra

Il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Après avoir réglé ses comptes avec les consultants de foot français, Patrice Evra n’aura pas le droit à l’erreur. Ses prestations seront regardées, épiées et très commentées. Mais le Mancunien peut compter sur la confiance de son sélectionneur. Depuis que la Fédération Française de Football a décidé de ne pas le sanctionner après ses propos, il ne faisait aucun doute qu’Evra serait appelé en Bleu pour les barrages. La Dèche l’apprécie par ses qualités de leader, surtout dans cette équipe de France qui manque cruellement de charisme. Mais il sera surtout jugé sur sa performance sportive qui a manqué dernièrement de volume sous le maillot bleu. Carences techniques, faible apport offensif : on a parfois l’impression qu’Evra est le sosie de Sagna à gauche. Mais à défaut de trouver mieux (Gaël Clichy n’étant pas irréprochable), on fera avec lui.

L’homme clé : Franck Ribéry

Le patron. Franck Ribéry a cadenassé son poste d’ailier gauche. Et personne ne peut le contester. Le Bavarois est devenu le fer de lance de l’Equipe de France. Dès qu’il provoque son défenseur, il est capable de faire la différence et de mettre par conséquent l’équipe sur de bons rails. Les Ukrainiens sont prévenus et devraient mettre en place une tactique pour endiguer l’ancien Marseillais. Plus que sa place pour la Coupe du Monde, Franck Ribéry jouera les 15 et 19 novembre prochains pour remporter le Ballon d’Or. Le milieu de terrain des Bleus aura pour mission de briller et de qualifier son équipe s’il veut empocher le Graal. Car s’il a déjà remporté la Ligue des Champions et le titre en Bundesliga, il est difficile d’imaginer un Ballon d’Or qui n’ira au Brésil l’été prochain. Francky est bien sous pression, mais il a l’habitude.

 

Ils l’ont échappé belle : Clément Grenier et Dimitri Payet

On se demande un peu ce qu’ils font là… On a même l’impression qu’ils ont été choisis par défaut. Clément Grenier et Dimitri Payet connaissent tous les deux une passe difficile dans leur club et pourtant ils ont été appelés par la Dèche. Un choix qui est du à leur passé plus qu’à leur forme actuelle. DD est conscient des qualités que peuvent apporter à tout moment un Grenier ou un Payet bouillantissime. Mais pour cela, il faudra leur redonner confiance car les deux hommes ont cumulé les mauvaises prestations ces derniers temps. Ils devraient quand même cirer le banc, tant Valbuena, Nasri et Rémy semblent au-dessus en ce moment.

 

Nicolas DURDILLY
@NicolasDurdilly

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