Makélélé, l’ombre d’un doute

Makélélé a du mal à convaincre dans un rôle de coach à Bastia

Défaits lors de la dernière journée à domicile par Lorient, le Sporting Bastia vient de toucher le fond. Une seule victoire en neuf matchs  et une avant-dernière place au classement. Mais plus inquiétant que ces chiffres, ce sont les prestations livrées par les joueurs et le fonds de jeu qui posent question sur l’Île de Beauté. De quoi remettre en cause Claude Makélélé ?

Comme Willy Sagnol, Makélélé a débuté sur les bancs de Ligue 1 en août dernier, mais contrairement à son ancien coéquipier chez les Bleus, le coach Bastiais nage actuellement en eaux troubles. Pourtant à la reprise du championnat tout semblait bien parti après des débuts plutôt encourageants avec notamment deux nuls convaincants obtenus face à Marseille et Bordeaux. Mais voilà la machine s’est vite enrayée et les joueurs du Sporting n’ont pu crier victoire qu’une seule fois dans les vestiaires depuis le début de la saison. Pour le président Pierre-Marie Geronimi le constat est limpide après la défaite face à Lorient « C’était le néant total, sur tout et ça fait un petit moment que ça dure. C’est la pire soirée que j’ai pu voir hier en tant que dirigeant de club. Si on continue comme ça, on sera en Ligue 2 la saison prochaine ». Si le néo-coach Bastiais n’est pour l’instant pas officiellement remis en cause par sa direction qui préfère pointer du doigt les joueurs, le public Corse est quant à lui beaucoup moins conciliant avec Maké puisqu’une partie d’entre eux a réclamé à plusieurs reprises le retour de Frédéric Hantz aux commandes. Un affront pour l’instant assez discret pour un Claude Makélélé qui peine à convaincre en tant que patron sur le banc.

 

Pas de marque de fabrique Makélélé ?

Makélélé

En quittant ses fonctions d’entraîneur adjoint dans le cocon tranquille du PSG pour enfiler celles d’entraîneur principal à Bastia, il est vrai que Claude Makélélé n’a pas cherché à faire facile. S’attendait-il pour autant à vivre un début de championnat aussi compliqué ? S’il est certainement encore un peu tôt pour tirer des conclusions définitives, il faut tout de même noter qu’après avoir disputé le premier tiers de la Ligue 1, le Bastia version Makélélé n’a toujours pas trouvé de fonds de jeu. Le pelouse calamiteuse d’Armand Cesari et l’obligation rapide d’obtenir des points ne l’aident pas. Mais dans le projet tactique de Bastia impossible d’y déceler une « patte Makélélé », les lacunes dans l’animation offensive sont criantes et la solidité défensive est trop facilement mise à mal. Si les Corses ont bien su s’adapter face à des équipes qui aiment avoir le ballon (Marseille, Bordeaux), ils n’ont jamais réussi à imposer leur jeu face à des adversaires qui semblaient à leur portée (Lens, Metz, Nantes). Les interrogations sont nombreuses et finalement la question principale n’est pas de savoir si Claude Makélélé est un bon entraîneur mais plutôt si ses méthodes orientées vers le haut niveau sont adaptées à un club comme Bastia.

 

Il n’entraîne pas, il manage

Makélélé, Ancelotti

Loin de l’omnipotence d’un Frédéric Hantz son prédécesseur, Makélélé a annoncé d’entrée la couleur. Il ne distribue pas les chasubles et ne pose pas les plots. Entouré d’un staff assez large et secondé par Didier Tholot, l’ancien milieu défensif délègue énormément à ses lieutenants et c’est peut-être ce point qui pose problème. Makélélé s’inspire forcément de ce qu’il a connu de mieux dans sa carrière au niveau des clubs et des coachs. On parle donc de Chelsea, du Real Madrid, de Carlo Ancelotti, de Mourinho ou encore de Del Bosque, rien que ça. Comment appliquer ce modèle d’excellence dans un club qui lutte pour son maintien depuis son retour parmi l’élite en 2012 et où seuls quelques joueurs comme Squillaci ou Djibril Cissé ont approché le top niveau. Comment imposer des méthodes qui nécessitent forcément des structures plus adaptées que celle du Sporting ?

Plutôt discret dans les médias jusqu’à présent, Makélélé est monté récemment au créneau pour charger publiquement ses joueurs et annoncer du changement. « Il n’y a pas eu d’amour-propre. Les joueurs ont parlé cette semaine, mais les actes n’ont pas suivi les paroles. Je n’ai pas à leur trouver d’excuses. Je n’ai pas vu des joueurs avec un amour-propre. C’est indigne de professionnels. Indigne de joueurs de Bastia. C’est ne pas respecter le maillot. Il faut que les joueurs se remettent en question ». Une sortie publique qui n’est pas dans les habitudes de l’ancien adjoint Parisien qui selon l’Equipe se sent trahi par des éléments de son groupe. La trêve internationale étant passée par là, le SC Bastia a replongé dans la tranquillité et a pu préparer au mieux le match contre Nice qui s’annonce déjà comme le plus important de la jeune carrière de son coach. Une victoire est impérative sur le plan comptable et si par bonheur les Corses relèvent la tête au classement il faudra ensuite s’atteler à produire un minimum de jeu pour s’en sortir. Le chantier est immense pour Makélélé et ses jours semblent déjà comptés…

 

Elias TOUMI
@Sir_Elias_

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