Masashi Nakayama l’immortel

Nakayama footballeur Japonais immortel

Les passions généralement ça vous suit toute la vie. Mais le footballeur professionnel n’a pas vraiment le choix, lui. L’excitation du terrain, les frissons de l’action comme les joies et les peines  de la compétition, tout cela ne dure que quelques années. Des moments intenses mais qui doivent un jour trouver une fin, la faute à un corps sur lequel les années s’accumulent jusqu’à devenir un poids trop lourd à traîner.

Il y a toujours différents moyens de se recycler. Certains iront vendre des piscines ou des caravanes, d’autres gérer une affaire dans la restauration durement acquise avec les deniers de la carrière passée , d’autres, les plus connus, se verront invités sur les plateaux TV comme consultant et enfin, il restera toujours la voie de la passion, mais aussi la plus difficile, celle d’entraineur. Masashi Nakayama, lui, a mis beaucoup de temps avant de se décider. 22 ans plus exactement, à l’age de 45 ans. De longues années d’une carrière d’attaquant particulièrement prolifique et à jamais inscrite dans l’histoire du foot nippon.

 

Le Deschamps de l’archipel

Comme beaucoup de footballeurs nippons, le jeune Masashi doit d’abord passer par une étape indispensable avant d’accéder à l’élite footballistique de l’archipel, l’université. Il commence à taper le cuir à celle de Tsukuba dans les années 80. Au début de la décennie suivante, en 1992 il est recruté par le Jubilo Iwata afin de jouer en D3 locale. Le début d’une grande histoire d’amour avec un club pour lequel il va fouler les pelouses 18 années. Ce qui peut expliquer sa sortie à 45 ans de la compétition et son insatiable envie de jeu, c’est peut être son arrivée relativement tardive dans la J-League, à savoir, la première division japonaise. Il a déjà 27 années au compteur quand en 1994 il y fait ses grands débuts.  Pas vraiment un problème pour lui puisqu’en 18 années de présence, Masashi marquera 157 buts, ce qui fera de lui le buteur le plus prolifique de l’histoire de la J-League. Pendant tout ce temps, l’attaquant ne s’est pas limité à enchaîner les pions (meilleur buteur en 98 et 2000), en témoigne sa salle des trophées, plutôt bien remplie. Aux trois titres de champion de J-League acquis en 1997, 99 et 2002 s’ajoutent une coupe du Japon (2003), trois supercoupes (2000, 2003 et 2004), une coupe de la ligue en 1998 et enfin, Graal suprême, une Ligue des Champions Asiatique en 1999 (et deux autres finales disputées en 2000 et 2001). Bref, c’est incontestable, Masashi Nakayama est ce qu’on pourrait appeler une icône pour son club. Celle qui l’a mené vers toutes ses plus belles victoires.

 

Buteur emblématique des Samurai Blues

Le fameux maillot avec les flammes, qui a tant fait kiffer les joueurs de ISS

Avec son équipe nationale, le natif de Shizuoka a aussi laissé une trace indélébile. Non seulement, il est un des éléments importants du collectif qui amène le Japon à remporter sa première Coupe d’Asie des Nations. Mais l’histoire retient surtout que c’est lui, qui marque le premier but dans l’histoire des Samurai Blues en Coupe du Monde en 1998 contre la Jamaïque. Autre fait marquant, il est l’auteur du triplé le plus rapide de l’histoire du foot. Trois buts plantés en seulement trois minutes et trois secondes contre le Brunei en éliminatoire de Coupe d’Asie en 2000. Et il les aime bien les triplés, il en détient même un autre record, celui du nombre mis consécutivement : quatre en autant de matche de J-League en Avril 1998. 53 sélections et 21 buts plantés plus tard (soit le huitième meilleurs buteur de l’équipe), Nakayama arrête sa carrière internationale pour se concentrer sur les compétitions en club. Il a alors l’âge respectable de 36 ans. A ce moment, il paraissait relativement concevable qu’il n’en ait plus que pour quelques années à jouer dans avec son Jubilo Iwata chéri. Il faut bien le dire, 36 ans, c’est déjà une belle preuve de longévité pour un poste aussi exigeant physiquement que celui d’avant-centre. C’était se foutre le doigt dans l’œil jusqu’à une zone indéterminée de son anatomie, car il va encore aligner 7 saisons avec son club fétiche et deux autres pour les Consadole Sapporo. Pendant toutes ces années, il continue à enchaîner les buts et reste un élément important des effectifs.

Chose remarquable, l’essentiel de son palmarès s’est construit après ses 30 ans. Le poids des âges n’aurait donc aucun effet sur le corps de Nakayama ? Les Japonais auraient-ils enfin mis au point l’un des cyborg de Ghost in the Shell et lui auraient appris à jouer au foot pour le tester avant de lancer une production de masse de ces engins et de les envoyer faire la guerre et conquérir le monde ?   Malheureusement pour les amateurs de cyberpunk, il n’en est rien. Et le 4 décembre dernier, celui qui est tant apprécié pour son fair-play et sa bonne humeur inébranlable et que tout le Japon surnomme Gon, l’icône de l’éveil du pays du soleil levant sur la planète football annonce prendre sa retraite à 45 ans. La raison ? Des genoux qui ne peuvent plus supporter les efforts intenses que demande le métier de footballeur pro. L’envie et la passion, elles, étaient toujours intactes. Mais que Masashi se rassure, il ne devrait pas avoir trop de soucis pour trouver sa voie dans sa reconversion.

 

Cyril MORACHIOLI
@_Cym_

1 Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.