Ramsey le pharaon d’Arsenal

Aaron Ramsey renait cette saison

Éclipsé par le médiatique Gareth Bale, le Gallois Aaron Ramsey est pourtant plus efficace cette saison que son compatriote du Real. Titulaire indiscutable du onze d’Arsène Wenger, le milieu de terrain affiche des statistiques dignes d’un attaquant de top niveau. Retour sur le parcours d’un jeune joueur, qui n’en est plus vraiment un. Entre précocité, jambe cassée et malédiction macabre.

 

23 matchs, 13 buts et 5 passes décisives. Depuis le début de saison, Aaron Ramsey affiche des statistiques impressionnantes. Mercredi dernier, il a permis à Arsenal de décrocher une victoire précieuse à Dortmund pour la qualification au deuxième tour de la Ligue des Champions (0-1). Le Gallois est l’un des principaux responsables du surprenant parcours des Gunners cette année. Clairvoyant dans le jeu, il sait tout aussi bien récupérer des ballons que percer les lignes adverses balle au pied. Avec un but toutes les 138 minutes, il est même devenu un artilleur de premier plan.

 

Un talent précoce et convoité

Repéré à 8 huit ans par Cardiff City, Aaron Ramsey fait ses gammes très rapidement pour jouer son premier match professionnel en 2007 en deuxième division anglaise. Âgé seulement de 16 ans et 124 jours, il devient ce jour-là le plus jeune joueur de son club a disputer une rencontre de haut niveau. Lors de la Cup en 2008, où son équipe s’incline en finale contre Portsmouth, il se fait remarquer par les grosses écuries anglaises. Ses prestations impressionnent les observateurs séduits par le flegme et le tempérament guerrier que le minot dégage. Everton et Manchester font une première proposition à Cardiff. Mais c’est finalement Arsenal qui remporte les enchères le 13 juin 2008 en engageant le Gallois pour une somme avoisinant les 6,3 millions d’euros.

Débarqué dans un effectif qui compte notamment Denilson, Song et Fabregas au milieu de terrain, Aaron Ramsey ne tarde pourtant pas à se faire remarquer. Lors de sa première apparition avec le maillot des Gunners, il offre une passe décisive à Adebayor. Une performance rééditée la semaine suivante lorsqu’il délivre cette fois-ci deux caviars à ses coéquipiers, dont une talonnade pour Bendtner. Deux mois plus tard, il est appelé pour la première fois en sélection galloise. L’ascension d’Aaron Ramsey est alors fulgurante. Depuis Wayne Rooney, le Royaume-Uni n’a pas connu telle précocité dans le talent. Au terme de sa première saison londonienne, le milieu de terrain affiche un bilan honorable avec trente quatre matchs joués.

 

Tibia pété, come-back et Ben Laden

C’est alors que le drame arrive. Le 27 février 2010, Arsenal, troisième de Premiere League, se déplace à Stoke City. La rencontre se déroule dans de bonnes conditions, lorsqu’Aaron Ramsey tente de récupérer un ballon dans les pieds de Ryan Shawcross. Le choc entre les deux hommes est brutal. Emporté dans son élan, l’anglais arrache la jambe du Gallois. Bilan : double fracture tibia-péroné pour Ramsey. Sorti sous assistance respiratoire, le joueur d’Arsenal voit sa carrière prendre un virage inattendu… Après neuf mois d’absence, Aaron Ramsey entrevoit la sortie du tunnel. Il retrouve le chemin des terrains en novembre 2010. Mais la concurrence à son poste est devenue bien trop rude. Conscient de posséder un talent brut, Arsène Wenger souhaite cependant le garder sous contrat. Alors, pour retrouver du temps de jeu, Ramsey est prêté à Nottingham Forrest puis à Cardiff City, son club formateur pour une durée totale de quatre mois.

De retour à Arsenal, Aaron Ramsey se lance dans une nouvelle ère. Il retrouve le terrain avec le maillot londonien et est nommé capitaine par son sélectionneur Gary Speed à seulement 20 ans. Petit à petit, le garçon fait son trou. Les départs de Fabregas et Nasri lors du mercato 2011 sont l’occasion pour lui de s’imposer comme un titulaire indiscutable. Avec son compère Jack Wilshere, ils récupèrent les clés du jeu des Gunners. Ramsey joue 102 matchs en deux saisons, où il inscrit huit buts et autant de passes décisives. Relayeur au milieu de terrain, il étoffe son jeu dans le secteur de la récupération et n’hésite plus à poser des boîtes. En témoignent ses 12 cartons jaunes l’an dernier.

Plus physique, plus percutant, Ramsey se fait aussi une réputation de chat noir dans les tabloïds anglais. A chaque fois qu’il marque, une personnalité mondiale décède. L’histoire commence en 2011 avec Ben Laden et perdure jusqu’à peu. Les victimes sont nombreuses : Steve Jobs, le colonel Kadhafi et Whitney Houston sont tous décédés après une réalisation du Gunner. Dernièrement, c’est le boxeur américain Ken Norton (70 ans), connu pour avoir battu Mohammed Ali en 1973, qui a disparu après le but du Londonien face à l’OM. Serial killer pour la presse people, Ramsey l’est surtout pour ses adversaires cette saison. Et pourvu que ça dure !

 

Nicolas DURDILLY
@NicolasDurdilly

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