Renan Bressan, entre samba et Vodka

Renan Bressan star de la Biélorussie

Un nom pas franchement slave, une gueule pas franchement vendeuse, un talent pas franchement dégueulasse, Renan Bressan est la nouvelle star du football Biélorusse.

Avec son nom de chanteur de variétés Françaises et son look plus proche d’un acteur de seconde zone plutôt qu’un bad boy des favelas, Renan Bressan Bardini est bel et bien un Brésilien de naissance. Plus précisément originaire de Tubarão, au sud du pays dans l’Etat de Santa-Catarina où il a vu le jour en novembre 88.

Milieu offensif polyvalent, il débute sa carrière comme des milliers de Brésiliens dans l’anonymat le plus complet. Pensionnaire du modeste Atlético Cidade de Tubarão, (un temps club de Leandro Damião) il évolue dans des Divisions d’Etat sans faire de vagues.

La carrière de Bressan remue un peu en 2007,  lorsqu’un agent Ukrainien répondant au doux nom de Yuri Panfilov et cultivant des relations serrées avec les clubs de divisions inférieures Brésiliennes vient organiser un « 2daysTrial » (sorte de tournoi de détection) à Tubarão. Impressionnant et décisif Renan Bressan, 18 ans s’invite dans les bagages de Panfilov avec une flopée d’autres jeunes Brésiliens direction l’Ukraine. Après des essais mitigés au sein du Dynamo Kiev, du Karpaty Lviv il tente sa chance au Bélarus au Vitebsk FC pour finalement s’engager au FK Gomel, club moyen de Première Division Biélorusse.

 

Bressan, le Brésiorusse

La Biélorussie aka « la dernière dictature d’Europe » est foulée par des centaines de jeunes footballeurs Auriverdes en quête de gloire sur le Vieux Continent. Beaucoup repartent au pays, d’autres se perdent dans des carrières tortueuses, mais pas Renan Bressan. D’abord utilisé en équipe réserve, il s’adapte lentement au style de vie de son pays d’accueil, bien aidé il est vrai par un compatriote du club, Maycon. Lors de sa troisième année chez le FK Gomel, à 20 ans Bressan débute l’exercice dans la peau d’un titulaire en puissance. Positionné en milieu défensif, il orchestre et distribue le jeu de son équipe à sa guise. Auteur d’une saison convaincante avec 5 buts en 24 apparitions, il aura même découvert la Coupe UEFA. Dragué ouvertement par le meilleur club du pays il rallie le BATE Borisov en 2010.

Rejoint par sa femme Mariana, Bressan dont son coach Goncharenko dit « qu’il a une mentalité Biélorusse » va véritablement exploser sous ses nouvelles couleurs. Ce meneur de jeu à l’ancienne, un peu à la manière de Juan Roman Riquelme distille des caviars depuis sa position reculée. Très adroit devant le but il va être sacré meilleur buteur du Championnat en 2010 et 2011 (15 et 13 buts). Comme il ne fait pas les choses à moitié, il brille en Ligue des Champions où il inscrira notamment un but face au Milan AC et quelques coup-francs splendides.

 

Nul n’est prophète en son pays

Courtisé par plusieurs écuries Françaises, comme l’AS Monaco il choisit de rester en Biélorussie où il est aussi à l’aise là-bas qu’un AK-47. Élu meilleur milieu de terrain du Championnat en 2011, Bressan est une star au pays de Loukachenko à tel point qu’il évoque la possibilité de prendre la nationalité Biélorusse pour évoluer avec l’équipe nationale des Rouges.

En mal de stars – hormis Hleb, Rodionov voire Kulchi – ni une, ni deux les autorités et la fédération accèdent à sa demande en un tant record et c’est février 2012 qu’il débute sous la liquette nationale face à la Moldavie. Six mois plus tard face à l’Arménie il plante ses deux premiers buts et valide son ticket pour les Jeux Olympiques de Londres. Avec l’équipe U23, il sera le seul buteur Biélorusse de la compétition lors de la défaite 3-1 des siens face au … Brésil. Reparti à BATE Borisov celui qui ressemble étrangement à Elano marche sur l’eau depuis le début du championnat avec 6 buts en 14 apparitions.

Pour autant ce phénomène de naturalisation n’est pas nouveau, surtout chez les Brésiliens, on peut citer Santos et Cleyton (Tunisie), Alex (Japon), Guerreiro (Pologne), Eduardo (Croatie), Aurélio (Turquie), Santos (Viêtnam) et bien d’autres qui ont tous franchi le pas pour connaître les joies d’une sélection en équipe nationale.

A la veille du match face l’équipe de France, Bressan fait office de danger N°1 pour l’arrière-garde Tricolore, il faudra surveiller de très près cet ambianceur en chef de défenses. Méconnu en Europe il sera LA star de la 76ème nation mondiale défaite face à la Géorgie certes, mais toujours invaincue face aux Bleus.

 

Elias TOUMI
@Sir_Elias_

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