See you Sung

Park Ji-Sung tire sa révérence après avoir été l'un des meilleurs joueurs sud-coréens

Le 14 juin 2002, le stade d’Incheon en Corée du Sud assiste à la naissance publique d’un phénomène qui va marquer l’histoire sportive de ce petit pays de 50 millions d’habitants. Ce phénomène c’est Park Ji-Sung, pile électrique et détonateur d’une équipe de soldats inconnus qui renvoie le Portugal à la maison lors du dernier match de poule du Mondial. Le petit milieu de terrain de 21 ans, hyperactif, infatigable et polyvalent crève l’écran et s’apprête à débarquer en Europe pour se constituer l’un des plus beaux palmarès du football Asiatique.

Ji Sung Park à Kyoto

Ji Sung Park à Kyoto

En cette fin de saison triste pour les amoureux du football avec les retraites annoncées de plusieurs monstres sacrés comme Zanetti, Giggs ou Julien Sablé celle de Park Ji-Sung est un peu passée sous silence. Pourtant le Sud-Coréen a marqué son époque et son pays comme personne avant lui.

Les premiers pas de footballeur professionnel du natif de Suwon ne se font pas sur les terres du pays du Matin clair mais sur celle du Soleil Levant. Comprenez plutôt que Park Ji-Sung a appris à jouer au football en Corée du Sud au sein de l’Université de Myungji et en a fait son métier au Japon sous la liquette des Purple Sanga de Kyoto. Entre 2000 et 2002, sous le maillot des promus en J-League de Kyoto, le jeune Park qui évolue en milieu défensif, accumule les matchs ce qui est suffisant pour que Huh Jung-Moo, le sélectionneur de la Corée du Sud lui permette d’honorer la première de ses 103 capes face au Laos en avril 2000.

 

2002 et l’entrée dans la dimension Europe

Son envol personnel Ji-Sung Park va véritablement le prendre en novembre 2000 avec l’arrivée de Guus Hiddink aux commandes des Guerriers Taeguk. « Le véritable tournant de ma carrière, c’est Guus. En croyant en moi, il m’a aidé à croire en moi. C’est extrêmement important pour un jeune footballeur ». Car en effet, le technicien Hollandais a vite compris qu’il fallait utiliser les qualités intrinsèques du Coréen sur les ailes plutôt qu’en milieu défensif axial. Deux ans plus tard, ils atteignent la demi-finale de la Coupe du Monde à la maison après avoir battu l’Espagne et l’Italie entre autres, et deviennent des superstars du côté sud de la Corée.

Hiddink parti au PSV Eindhoven décide d’emmener dans ses valises le latéral Lee Young-Pyo et son ailier favori Park Ji-Sung. Après quelques mois d’adaptation, le Sud-Coréen est inarrêtable. Avec Van Bommel, Alex et Farfan, Park est une des figures de proue d’un PSV décomplexé qui fait bouger l’Europe, où le Coréen se permet quelques pépites comme notamment sa performance face à l’OL ou son but face au Milan AC en demi-finales de la saison 2004/2005.

 

Des cartes bancaires à son effigie

Déjà bien connu des amateurs de football, Ji-Sung Park va définitivement faire son entrée dans la cour des grands en rejoignant Manchester United en 2005 contre 7M€. Élément important du système de Ferguson, son physique va cependant le lâcher à plusieurs reprises ne lui permettant pas d’enchaîner des grosses saisons. Très ami avec Patrice Evra et Carlos Tevez, toujours présent dans les grands matchs il va se construire un très beau palmarès avec notamment 4 titres de champion d’Angleterre, 3 League Cups et une Ligue des Champions en 2008. Il est devenu le premier joueur Asiatique à disputer une finale de C1 et a même porté le brassard de capitaine à plusieurs reprises. En sélection nationale, Park brille par sa constance et comme à l’époque du PSV il s’offre des coups d’éclat, notons un but et un titre de meilleur joueur du match face à la France en 2006.

Patrice Evra et Park Ji-Sung

Rush hour

Retraité du football international en 2011 et touché par plusieurs blessures, Ji-Sung Park n’a plus la même explosivité et recule petit à petit sur le terrain pour retrouver son poste de milieu relayeur défensif sous les couleurs des Queens Park Rangers qu’il a rejoint en 2012. Prêté cette saison par les QPR au PSV Eindhoven et après une bonne saison, il a préféré dire stop miné par un genou fragile et lâché par son physique qui aura fait le bonheur de ses différents entraîneurs pendant ses 14 ans de carrière.

« Nous l’appelons Ji-Sung Hero, parce que nous sommes fiers de ce qu’il a accompli. Il est aussi populaire que le président. Peut-être même plus ! Beaucoup d’asiatiques regardent jouer Manchester United pour lui. » Glorifié et idolâtré en Corée du Sud où près d’un million de personnes possèdent une carte bancaire à son effigie et où plusieurs lieux portent son nom. Il aura marqué son époque, son pays et tout un continent. « C’est un honneur ultime. Cela me donne aussi envie d’en faire plus, afin de mériter réellement ce genre de distinctions et cette reconnaissance. C’est une source de motivation. » Alors see you Sung monsieur Park.

 

Elias TOUMI
@Sir_Elias_

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