Welcome to Miami, Beck !

David Beckham veut fonder une franchise à Miami

David Beckham l’a toujours dit : il voulait créer une franchise MLS à Miami. Si le projet du Spice Boy semble bien parti, il doit faire face à des opposants bien décidés à lui mettre des bâtons dans les roues. Focus sur une opération à plus de 200 millions de dollars.
C’était en février dernier. Costume taillé sur mesure et sourire Colgate, David Beckham annonçait à la presse internationale qu’il venait d’acheter à Miami la 22ème franchise de la Major League Soccer. Accompagné du patron de la MLS, Don Graber, et du maire de la ville floridienne, Carlos Gimenez, le Spice Boy déclinait son projet financé uniquement par des fonds privés. Pour accéder au championnat professionnel américain, David Beckham a payé un ticket d’entrée réduit de 25 millions de dollars qu’il avait acquis en 2007, lors de son arrivée au LA Galaxy. En plus de sa fortune estimée à 198 millions d’euros, il s’appuie aujourd’hui sur deux puissants hommes d’affaires pour financer son opération: Simon Fuller, qui a lancé les Spice Girls  dans les années 90, et Marcelo Claure, le milliardaire bolivien fondateur du groupe de téléphonie mobile Brightstar. Dans son projet, « Beck » souhaite construire un stade de 25 000 places (ou 35 000, on parle des deux !) au bord de la baie de Biscayne, à côté de la grande salle de basket du Heat. Autour de la structure, un complexe comprenant un hôtel, des magasins de luxe et des bureaux d’affaires doit voir le jour d’ici 2018. Le coût de l’opération est estimé à 200 millions de dollars. Mais récemment,  des entrepreneurs ont alerté les autorités face aux risques que faisait courir la construction du stade pour l’économie de la ville. En effet, située à proximité du port plaisancier de Miami, l’infrastructure pourrait gêner les compagnies maritimes dans leur travail. Toutefois, le projet a les accords du maire, qui a dit que rien n’opposait la construction du stade à cet endroit.

 

Le flop des Fusions de Miami

En créant une franchise MLS à Miami, David Beckham prend un risque. Dans cette ville de 420 000 habitants, le soccer n’est pas le sport roi. Les habitants possèdent déjà deux franchises réputées en basket (le Heat, double champion NBA en titre) et en football américain (les Dolphins). Comme l’a rappelé David Beckham lors de sa conférence de presse, Miami a déjà compté une équipe de soccer en MLS qui n’a disputé que quatre saisons. Entre 1998 et 2001, les Fusions de Miami étaient membres de l’association Est du championnat professionnel. L’équipe a compté dans ses rangs un certain Carlos Valderrama. Sa meilleure performance reste une demi-finale de conférence en 2001. Mais face à un chiffre d’affaires plombé et des recettes de billetterie en berne (l’affluence moyenne avoisinait seulement les 11 000 spectateurs),  la MLS a décidé de fusionner la franchise avec celle des Tampa Boys, marquant ainsi la fin du soccer en Floride.  Une absence de quatorze ans qui prendra fin l’année prochaine avec les débuts de l’équipe d’Orlando City. De son côté, David Beckham souhaite que sa franchise dispute sa première saison en 2016. Son stade n’étant livré que deux ans plus tard, les joueurs disputeront leurs rencontres à domicile dans le stade de Baseball des Marlins.

 

Beckham, le libéral, veut déréglementer la MLS

Lors d’une autre intervention, David Beckham a aussi exprimé son intention de supprimer le plafond de salaire qui officie aujourd’hui en MLS. En effet, à ce jour, chaque franchise reçoit en début de saison une somme de 3 100 000 euros qu’elle doit partager entre les contrats de ses joueurs. Ainsi aux Etats-Unis, un professionnel ne peut espérer gagner plus de 387 500 dollars par an. Selon l’ancien Mancunien, ce salary cap est néfaste pour l’attractivité du championnat. L’Anglais souhaite l’abolir pour ainsi recruter des joueurs emblématiques des championnats européens. Toutefois, il existe aujourd’hui une règle qui permet de rémunérer librement 3 joueurs de chaque franchise. Cette loi, appelée designated player rule, a été initiée par… David Beckham lui-même !

Présent aux Etats-Unis depuis 2007, le Spice Boy semble être la personnalité qu’il fallait au championnat américain pour entrer dans une nouvelle ère. Grâce à sa présence, les droits TV ont été revus largement à la hausse et le soccer semble intéresser de plus en plus les Américains. So, David : Welcome to Miami !
 

Nicolas DURDILLY
@NicolasDurdilly

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